Armstrong, un retour qui fait parler

CYCLISME Absent depuis trois ans des pelotons, le Texan ne manquait pas à tout le monde...

R.S.

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Lance Armstrong reçoit le prix orange sur le Tour en 2003. Ce prix récompense le coureur le plus fair play de la course. Pourtant Armstrong a été très peu apprécié tout au long de sa carrière. En 2002, il avait d'ailleurs été le grand vainqueur du prix citron, celui qui récompense le cycliste le moins sympa du peloton.
Lance Armstrong reçoit le prix orange sur le Tour en 2003. Ce prix récompense le coureur le plus fair play de la course. Pourtant Armstrong a été très peu apprécié tout au long de sa carrière. En 2002, il avait d'ailleurs été le grand vainqueur du prix citron, celui qui récompense le cycliste le moins sympa du peloton. — © Reuters Photographer / Reuters

Certains ont subi sa domination pendant sept ans. D’autres n’ont jamais eu l’occasion de courir avec lui. Pour les coureurs comme pour les directeurs sportifs français, le retour de Lance Armstrong sur les routes du Tour de France n’est pas une simple anecdote de peloton. Le septuple vainqueur de la Grande Boucle a annoncé lundi soir sur le site de sa nouvelle équipe, Astana, son intention de s’aligner au départ de Monaco, en juillet prochain. Après trois ans d’absence, cette annonce suscite avant tout étonnement et incompréhension.

Sur l’antenne d’«Europe 1», Marc Madiot, le directeur sportif de la Française des Jeux a été le premier à exprimer son hostilité à un retour: «Pour moi, il ne représente pas l’avenir du cyclisme. On ne pourra se reconstruire qu’avec des jeunes, des nouveaux. Tournons la page, évoluons.» Si le Texan doutait de l’accueil du public français au bord des routes, il sait au moins à quoi s’en tenir avec certains directeurs sportifs.

«Il veut faire parler de lui»

Bernard Quilfen, actuellement en stage à Gréoux-les-Bains avec l’équipe Cofidis regrette aussi que le Texan focalise désormais l’attention des médias. «Pendant ce temps, on ne parle pas des jeunes qui incarnent le nouveau visage du cyclisme. Ce qui importe à Armstrong, c’est de faire parler de lui. Il fait l’actualité et c’est l’essentiel. S’il agace beaucoup de monde, il s’en moque.»

Dans le peloton, tous ne voient pas le come-back du nouveau coureur d’Astana d’un mauvais œil. Pour un jeune coureur comme Guillaume Blot (23 ans), néo-pro chez Cofidis, la perspective de croiser le septuple vainqueur du Tour s'apparente à un privilège: «ce n'était pas mon coureur préféré, mais c'est une chance de courir à côté d'un tel palmarès. Je sais que plupart des jeunes coureurs voient les choses de cette façon.»

«Que peut-on lui reprocher?»

Certains anciens, à l’image de Stéphane Augé, restent eux aussi admiratifs du champion, du coureur ultra -dominateur qui a maintenant tout à perdre en remontant sur son vélo. «Je n’ai rien contre lui. Qu’est ce qu’on peut lui reprocher? D’avoir gagné sept Tours de France. Je ne vois pas vraiment l’intérêt qu’il a à revenir. Mais quoi qu’il en soit, c’est une façon de parler du vélo.» Et pas forcément celle dont tout le monde rêve.