«Au quotidien, Cristiano est une crème»

FOOT Francisco Filho a bien connu Cristiano Ronaldo à ses débuts à Manchester United en 2004. Ce Franco-brésilien, ancien adjoint d'Alex Ferguson, garde le souvenir d'un garçon aussi attachant que sûr de lui...

Propos recueillis par Alexandre Pedro

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L'élimination du Portugal en quart de finale de l'Euro-2008, jeudi, a clos sur une note mitigée la saison exceptionnelle de Cristiano Ronaldo mais le prodige lusitanien avait peut-être déjà la tête ailleurs, et au Real Madrid, auquel il a déclaré sa flamme juste après la défaite.
L'élimination du Portugal en quart de finale de l'Euro-2008, jeudi, a clos sur une note mitigée la saison exceptionnelle de Cristiano Ronaldo mais le prodige lusitanien avait peut-être déjà la tête ailleurs, et au Real Madrid, auquel il a déclaré sa flamme juste après la défaite. — Fabrice Coffrini AFP
Adjoint d’Alex Ferguson au moment de l’arrivée de Cristiano Ronaldo à Manchester en août 2004, Francisco Filho a bien connu le futur Ballon d’or à qui il servait aussi d’interprète. Cet ancien formateur pour la Fédération française de football nous parle ici du Ronaldo qu’il a côtoyé et apprécié au quotidien.
 

Comment s’est déroulée l’intégration de Cristiano Ronaldo lors de son arrivée à Manchester à tout juste 19 ans?
Même s’il ne parlait pas anglais, je me souviens d’un garçon très extraverti dans le vestiaire, passant son temps à chambrer. L’intégration s’est faite d’autant plus facilement que Manchester avait mis à disposition des personnes parlant portugais. Même son chauffeur était Portugais. Chez lui, Ronaldo avait installé un petit terrain de foot où il allait s’exercer après sa sieste. A Manchester, Cristiano a compris qu’il pouvait faire plus et mieux. Après chaque entraînement, il n’hésitait d’ailleurs pas à rester une heure de plus pour travailler ses centres ou ses coups francs.

Qu’est-ce qui vous avait alors marqué chez lui?
Sa force de caractère. En 2004, son côté narcissique était déjà bien présent. Je pense que sa principale qualité réside dans cette confiance innée qu’il a en lui. Cristiano peut se couvrir de ridicule après avoir raté lamentablement un passement de jambe, il n’hésitera pas à recommencer sur le ballon suivant. Je crois qu’il a forgé cette force de caractère lors de son passage au centre de formation du Sporting Portugal. A 11 ans, il avait quitté sa famille et Madère - où il était une petite star - pour se retrouver seul à Lisbonne.

Le personnage insupporte certains. Quand vous l’avez connu, était-il foncièrement différent dans la vie et sur le terrain?
Au quotidien, Cristiano est une crème, toujours poli et souriant. En revanche, quand il ne connaît pas la personne il peut se montrer plus méfiant. C’est une des raisons pour lesquelles il donne peu d’interviews. Sur le terrain, je constate qu’il râle moins qu’auparavant, même s’il conserve certains mauvais tics quand les événements lui sont contraires.

Vous imaginiez qu’il puisse devenir Ballon d’or un jour?
Je savais qu’il avait tout pour devenir un des dix meilleurs joueurs au monde. Ballon d’or, je n’y pensais pas. Mais c’est mérité au vu de sa saison. La grande force de Cristiano est de toujours jouer vers l’avant, de s’imposer d’être décisif. A un moment donné, il pouvait être excessif par ses dribbles, mais il avait le mérite de ne jamais être fade.