La Coupe Davis part en Espagne... L'Argentine peut s'en vouloir...

TENNIS Même sans Nadal, l'Espagne était trop forte pour l'Argentine...

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 David Nalbandian of Argentina celebrates after defeating David Ferrer of Spain during his Davis Cup World Group tennis final in Mar del Plata, November 21, 2008.     REUTERS/Fabian Luchessi (ARGENTINA)
 David Nalbandian of Argentina celebrates after defeating David Ferrer of Spain during his Davis Cup World Group tennis final in Mar del Plata, November 21, 2008.     REUTERS/Fabian Luchessi (ARGENTINA) — REUTERS/Fabian Luchessi
C’était l’année ou jamais pour l’Argentine. Parvenus jusqu’en finale de la Coupe Davis, les coéquipiers de David Nalbandian avaient eu l’heureuse surprise d’apprendre il y a deux semaines que Nadal, usé par sa saison, ne ferait pas partie de l’équipe espagnole. Avec un Nalbandian magique depuis deux mois et un Del Potro dans les 10 premiers mondiaux, ils ne leur restaient plus chez eux qu'à battre l'Espagne de David Ferrer et de Feliciano Lopez, 31e mondial. Et pourtant... Sans Nadal en vacances à l'île Maurice et dès le 4e match, les Espagnols ont battu 3-1 des Argentins bien faibles dimanche.

Improbables héros

Dans une salle de Mar del Plata toute acquise à la cause de leur adversaire, les joueurs d'Emilio Sanchez ont réussi l'impensable pendant trois jours. Les deux héros s’appellent Feliciano Lopez et Fernando Verdasco. Lopez, sixième joueur espagnol, plus connu pour ses apparitions dans la série TV «Los Serrano» s’est transcendé et a offert les deux premiers points à son équipe, face à Juan Martin Del Potro vendredi et dans le double samedi. Un miracle pour cet attaquant qui n’a gagné qu’un titre à Vienne il y a quatre ans et qui a perdu six fois de suite au premier tour lors de ses dernières apparitions en tournoi.

Il a été relayé dimanche par son partenaire de double, Fernando Verdasco, qui a remplacé au pied levé un Ferrer cafardeux et incapable d'assumer son rôle de leader. 16e mondial, ce jeune Espagnol de 25 ans a fait taire les supporters argentins et a donné le titre à son pays en convertissant sans trembler la première balle de match après un match homérique face au remplaçant argentin José Acasuso, monté sur le ring à la place de Del Potro, au bout du rouleau.
 

«C'est une sensation incroyable, c'est incomparable avec tout ce que j'ai pu vivre jusque-là», a déclaré Verdasco, petit ami d’Ana Ivanovic à la ville et qui a vécu toutes les émotions dans ce match décisif gagné 6-3, 6-7, 4-6, 6-3, 6-1. Au deuxième et troisième set, il a dû surmonter une sévère crise de service (6 breaks concédés, 7 double-fautes) avant de balayer Acasusi au cinquième set et de se laisser submerger par ses coéquipiers. «On ne peut pas être plus heureux, c'est un moment inoubliable, ils ont fait l'histoire», a déclaré Rafael Nadal, lu numro 1 mondial qui n’aura finalement pas manqué à l’équipe espagnole. L'Espagne succède aux Etats-Unis et devient la nation la plus titrée en Coupe Davis au XXI siècle grâce à ses précédents titres remportés en 2000 et 2004.