Lille : Joueurs pros, préparation mentale et budget élevé pour le premier club d'e-sport nordiste

ESPORT Bastille Legacy s'est créé en septembre 2018 à Lille et ambitionne déjà un budget de 125.000 euros

Francois Launay

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Bastille Legacy est le premier club d'esport nordiste
Bastille Legacy est le premier club d'esport nordiste — Bastille Legacy
  • L’e-sport est en train d’exploser en France.
  • A Lille, quatre amis ont créé en septembre 2018 Bastille Legacy, premier club d’e-sport de la région.
  • Avec neuf joueurs pros dont cinq dans le célèbre jeu League of Legends, le club nordiste a de grosses ambitions.

Le phénomène e-sport  est en train de s’emparer de la France. Début novembre, Bercy était plein craquer pour les finales mondiales de League of Legends, un jeu vidéo par équipes en réseau ultra-populaire. Pour les plus de 40 ans, prendre du plaisir en regardant des gens jouer sur un ordinateur reste un mystère.

Mais chez les plus jeunes, l’e-sport est en train de connaître une progression fulgurante. A Lille, Quentin Deroissart l’a bien compris. En septembre 2018, le trentenaire lillois a créé avec trois amis le premier club e-sport de la région. Son nom : Bastille Legacy ou héritage de la Bastille pour les non-anglophones.

Révolutionner l’e-sport régional

« Il nous fallait une identité française forte avec ce rappel de la Révolution française. Notre logo est un coq avec les couleurs bleu-blanc-rouge. Et notre hashtag sur les réseaux sociaux est #Berevolted », explique le fondateur du club qui a longtemps travaillé dans le marketing de l’e-sport avant de se lancer

On le voit, Bastille Legacy n’a rien laissé au hasard pour se faire connaître dans le milieu. La saison passée, le club avait formé trois équipes dans trois jeux différents : cinq joueurs pour League of Legends, deux joueurs pour Fortnite et enfin deux joueurs pour Smash Bros.

Chaque joueur touche entre 300 et 1.000 euros mensuels

Et ici, on ne joue pas pour passer le temps ou pour sécher les cours. Non, chez Bastille Legacy, tout le monde est payé. Chaque joueur touche entre 300 et 1.000 euros par mois pour défendre les couleurs du club lillois dans les championnats nationaux. L’an passé, les quatre actionnaires avaient réuni un budget de 86.000 euros pour la saison.

Cette année, ils espèrent obtenir au minimum 125.000 euros en attirant de nouveaux sponsors. Rien d’impossible dans une discipline dont l’exposition grandit en France. A partir de janvier, Bastille Legacy évoluera en division 2 nationale de League of Legends, une compétition qui sera retransmise tous les week-ends sur une chaîne dédiée. « Il y a dix équipes dans ce championnat. Notre but est de monter en LFl (D1 française de League of Legends) d’ici 2021 », explique Quentin Deroissart.

Une préparation physique et mentale très professionnelle

Alors pour atteindre cet objectif, le club lillois est en train de réaliser son mercato en tentant d’attirer les meilleurs joueurs repérés en ligne. Une fois le recrutement effectué, une préparation spécifique sera faite dans la région avec un manager général chargé de la stratégie, un coach chargé de la gestion du stress et même une sophrologue pour un suivi mental du joueur. Une vraie organisation professionnelle.

« Comme il n’y a pas d’activité physique pendant le jeu, il faut arriver à se décontracter durant les parties. Et par la suite, on aimerait aussi avoir un suivi sur la nutrition », poursuit le fondateur de Bastille Legacy.

Balayer les clichés sur les jeux vidéo

Quant à l’image négative véhiculée par l’addiction aux jeux vidéo, Quentin Deroissart la balaie d’un revers de main. « L’e-sport est une réponse à ça. On encadre la pratique. Pour être bon sur un jeu, il ne faut pas jouer dix heures de suite. En jouant moins mais mieux, on peut progresser ».

A terme Bastille Legacy aimerait d’ailleurs former les meilleurs joueurs régionaux pour faire du club une sorte de « Losc de l’e-sport » comme l’ambitionnent ses fondateurs.