Slater se joue des décennies

PORTRAIT Il est devenu champion du monde de surf pour la neuvième fois de sa carrière...

Matthieu Goar

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Kelly Slater, le champion du monde de surf ASP, en pleine action lors de la Rip Curl Pro Competition à Bells Beach, en Australie, le 27 mars 2008.
Kelly Slater, le champion du monde de surf ASP, en pleine action lors de la Rip Curl Pro Competition à Bells Beach, en Australie, le 27 mars 2008. — REUTERS/ASP Robertson © Covered Images

En Espagne, sur le spot de Mundaka, le Californien Kelly Slater a maté le temps. A 36 ans, l’homme à la peau de cuivre et au regard bleu acier est devenu le plus vieux champion du monde de sa discipline après avoir été en 1992 le plus jeune lors de son premier titre, à 20 ans. Samedi, l’icône des années 90, acteur dans la série mythique Baywatch où il étudia de très près les lignes houleuses de Pamela Anderson, est devenu le maître du début du 21e siècle. Slater ne meurt jamais.

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Taj Burrow, Andy Irons, et le Français Jérémy Florès, ses adversaires actuels, n’avaient pas besoin de ce nouveau titre pour le considérer comme le plus grand surfer de l’histoire. Dès ses premières vagues sur le circuit, au début des années 90, Slater impressionne. Lui qui avait appris à surfer sur la petit houle de la Floride impose son style partout dans le monde. Aussi à l’aise dans la capricieuse houle européenne que sur le North Shore surpuissant d’Oahu à Hawaï ou sur le mur de Bell’s beach en Australie, Slater révolutionne le surf en le verticalisant. Parfois, il surfe des vagues de corail, creuse et puissantes en les triturant comme des petits pics de sable, toujours à la limite. Du coup, Slater balance: Floaties (surf sur la crête de la vague), late Take off (démarrage très tardifs sur la vague), aerials (sauts au-dessus de la vague) et bien sûr le surf back side que Kelly Slater affectionne particulièrement…

Kelly dans ses œuvres, diverses et variées. Où l’on ressent l’importance de la vitesse dans le surf moderne. Un domaine dans lequel le Floridien est passé maître...




Avec son surf backside grabbé (dos à la vague, il tient la planche avec la main), Slater devient l’un des meilleurs spécialistes de la plage de Banzaï pipeline, la vague mythique du Norh Shore au tube parfois assez creux qu’on pourrait y faire entrer un autobus. Un spot ultra-dangereux



Slater, la star

Yeux délavés et calvitie naissante habilement camouflée, le Floridien, six fois champion du monde de surf entre 1992 et 1998, Kelly Slater devient vite une star. Il est repéré par la télé et notamment la série aux maillots rouges avec des filles qui courent sur la plage. Slater y joue… un surfer et y construit une love story avec Pamela Anderson. Les Américains en oublient qu’il est l’un des plus grands sportifs depuis 20 ans.

Slater, jeune premier dans les vagues de douze centimètres d'Alerte à Malibu,
maillots callipyges et regards délavés…


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Slater is back

Au top de la gloire, Slater prend sa retraite en 1999 et se fait plaisir en surfant les plus beaux spots de la planète, sans juges ni adversaires mais avec des potes, comme ici avec le surfer de grosses vagues Laird Hamilton sur le reef de corail radical de Teahupo’o à Tahiti.



Et puis, après quelques années à vagabonder en Free surf, d’Afrique du Sud aux îles Polynésiennes, il y eut ce retour improbable sur le WCT en 2003. Deux ans de plus tard, le surfer de Coco beach récupérait sa couronne mondiale et empilait deux nouveaux titres, prouvant que les années 2000 lui appartiendraient aussi. Et si Slater poussait jusqu’au dixième titre, à l’orée des années 2010?