Coupe du monde féminine: «On va retirer beaucoup d’énergie de cette victoire», ça y est les Suédoises sont dans leur Mondial

FOOTBALL Les vice-championnes du monde 2003 ont écarté le Canada en 8e de finale

N.C.

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Les Suédoises ont battu le Canada en 8e de finale de la Coupe du monde, le 24 juin 2019.
Les Suédoises ont battu le Canada en 8e de finale de la Coupe du monde, le 24 juin 2019. — Presse Sports-USA TODAY Sports/S/SIPA
  • La Suède s'est qualifiée pour les quarts de finale en battant le Canada, lundi soir. 
  • Cette victoire poussive fait le bonheur des «Blagalt», qui ont le sentiment d'être montées en puissance au fur et à mesure de la rencontre. 
  • Elles sont enfin lancées dans ce Mondial, alors que se profile leur bête noire allemande au tour suivant. 

De notre envoyé spécial au Parc des Princes,

Les Bleues et leurs supporters ont bien d’autres choses en tête en ce moment, avec la perspective d’un quart de finale au combien difficile face aux Etats-Unis vendredi. Mais puisque l’objectif est la finale de cette Coupe du monde, il n’est jamais trop tard pour s’intéresser à ce qu’il se passe dans l’autre partie du tableau. Là aussi, les grosses nations sont au rendez-vous, et semblent monter en puissance.

Prenez la Suède, par exemple. Après un premier tour au petit trot – deux victoires aisées face à la Thaïlande et au Chili et une défaite avec une équipe remaniée face aux Américaines pour ne pas griller trop de cartouches –, les « Blagalt » (les « Bleues et Jaunes » en VF) se sont débarrassées des Canadiennes (1-0), lundi, en 8e de finale. Cela n’a pas été une partie de plaisir, notamment en première période, mais cet adversaire, cinquième nation mondiale avec une joueuse à 182 buts internationaux en attaque (Christine Sinclair), était sûrement le plus coriace à se coltiner à ce stade de la compétition.

Malmenées et inoffensives pendant 45 minutes, il faut bien le souligner, les Suédoises ont accéléré après le repos et fait la différence grâce à un but de Blackstenius. « Les matchs face à la Thailande et au Chili nous ont permis de faire des progrès, et de nous sortir de moments délicats ce soir [lundi], note le sélectionneur, Peter Gerhardsson. On avait eu des problèmes, notamment à cause d’un défaut de communication. Je nous ai trouvés bien meilleures, et je suis très fier de mes joueuses, de leurs efforts. »

Si l’on se fie au deuxième acte, les vice-championnes du monde 2003 ont de sérieux arguments à faire valoir. Encore plus que la buteuse du soir, la meneuse de jeu Kosovare Asllani est redoutable. Son caviar pour sa partenaire d’attaque à la conclusion un contre d’école a fait notre soirée. « Un match dépend souvent des talents individuels, et elle a joué à un très haut niveau », salue Gerhardsson.

Deux fois buteuse en poule, l’ancienne joueuse du PSG (2012-2016) sait tout faire. Derrière elle, Seger régule le milieu de terrain, et on a vu une défense plutôt sereine, même pendant la domination canadienne. Enfin, la gardienne Hedvig Lindahl, qui occupe le poste en sélection depuis la nuit des temps, possède une expérience incomparable.

Sa bête noire en quarts…

Elue femme du match lundi, elle a détourné un penalty de Beckie – un exploit avec la très tatillonne police du VAR sur cette phase de jeu – au cœur de la seconde période pour sceller la qualif. « On va retirer beaucoup d’énergie de cette victoire », assène cette dernière.

Ça tombe bien, il en faudra, avec davantage de constance aussi, pour voir le dernier carré. La Suède va retrouver en quarts l’Allemagne, véritable bête noire qu’elle n’a jamais battu en onze rencontres internationales. Le souvenir de la cuisante élimination en 8e de finale du dernier Mondial (4-1) est toujours là. « Je ne sais pas pourquoi si difficile. Mais vous savez, l’historique ne compte pas, veut croire le coach. On a eu la meilleure préparation possible avec ce match contre le Canada. Il prouve qu’on peut qu’on peut le faire. J’ai la chance d’avoir des joueuses qui savent hisser leur niveau de jeu au fur et à mesure d’une compétition. » Ça fera en tout cas un sacré client en moins sur la route de Lyon. Mais ça, vu de France, on y accordera de l’importance un peu plus tard.