La Chine et les JO: pari gagné, essai à transformer

CHINE La Chine est-elle ressortie grandie des JO?...

Hélène Duvigneau

— 

La cérémonie d'ouverture

Le show pékinois d’ouverture d'ouverture le 8 août bluffe le monde entier annoncant des Jeux grandioses.
La cérémonie d'ouverture Le show pékinois d’ouverture d'ouverture le 8 août bluffe le monde entier annoncant des Jeux grandioses. — AFP
En moins de deux mois, la Chine aura relevé l’improbable pari de redresser une image en piteux état. Du point de vue purement sportif, l’Empire du milieu a décroché la palme de 1er de la classe -avec 51 médailles d’or aux JO, 89 aux jeux paralympiques (JP)- ainsi que la réputation d’organisatrice hors pair. Envolés, les doutes sur la pollution: la Chine a apprivoisé son ciel et rendu possible la pulvérisation du record olympique du marathon. Forte de bataillons de volontaires tous plus sourire les uns que les autres, et d’une sécurité sans faille, elle place la barre bien haut pour 2012.

Une ouverture modérée

En marche vers l'ouverture depuis 30 ans, la Chine a finalement réussi le défi de «montrer une image positive d’elle-même, après avoir prêté plus que d’ordinaire le flanc aux critiques», observe Antoine Bourdeix, représentant de Publicis Consultants en Chine. Dépoussiérée, l’image d’une nation en voie de modernisation, capable d’organiser un événement de 1er ordre, remplace peu à peu les vieux clichés. En témoigne la cérémonie de clôture (24/08) de Zhang Yimou, qui n’a rien épargné pour offrir un spectacle de figures aériennes et terrestres hors pair.

Retrouvez l'interview d'Antoine Bourdeix ici

Au final, les coups de projecteurs médiatiques donnés lors des Jeux ont rééquilibré la couverture dans un sens plus positif. «Même si les JO ne sont qu’une étape dans l’histoire de la Chine, poursuit Antoine Bourdeix, ils auront permis de marquer la transition entre la vision d’un pays atelier du monde et celle d’un pays redevenu une puissance mondiale.»

Le bilan des jeux paralympiques est là

Malgré tout, les critiques ne sont pas éteintes, loin de là. Pékin a resserré sa garde sur les droits de l’homme en rendant désespérément vides les «zones de protestations», faute d’avoir laissé les demandes aboutir. La dissidente Wang Xiaoqiao, porte-parole de la cause du Sida incarcérée en janvier, a pris un an de prison ferme en catimini. En état de grâce pendant les Jeux, la Chine affronte d’ailleurs aujourd’hui l’une des plus graves crises sanitaires de son histoire et voit déjà ressurgir de vieux maux : corruption, décès d’innocents, vindicte internationale. En gagnant la bataille des médailles –et en subissant au passage les critiques occidentales vis-à-vis d’un système sportif étatisé et suranné, qui n’a pour seul but que la conquête de l’or olympique- la Chine a pris conscience de l’importance de l’image offerte à l’étranger. Inversement, l’étranger a effleuré la complexité du pays, «se rendant compte que la Chine était peu à peu en train de devenir un acteur responsable de la mondialisation», souligne Antoine Bourdeix. A la Chine donc de transformer l’essai, et de coller à cette nouvelle image.