Gérard Masson: «La moitié de nos athlètes rentre avec une médaille»

JEUX PARALYMPIQUES Le bilan des performances de nos athlètes...

Hélène Duvigneau

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France's David Smetanine reacts after winning the men's 100m Freestyle S4 final at the National Aquatics Centre, also known as the Water Cube, in the Beijing 2008 Paralympic Games September 7, 2008. REUTERS/David Gray (CHINA)
France's David Smetanine reacts after winning the men's 100m Freestyle S4 final at the National Aquatics Centre, also known as the Water Cube, in the Beijing 2008 Paralympic Games September 7, 2008. REUTERS/David Gray (CHINA) — REUTERS/David Gray
La France a terminé 12e du bilan des médailles aux jeux paralympiques. Interview croisée avec Gérard Masson, président de la Fédération Française Handisport et Jean Minier, directeur du département «Haut Niveau» à la Fédération Handisport...

 

Quel bilan tirez-vous de ces jeux paralympiques?
GM : Sur une délégation de 120 athlètes, la moitié rentre avec une médaille, ce qui est impressionnant. Notre classement de 12ème n’est à la hauteur de nos espérances et des pays comme le Brésil et l’Ukraine, nous sont passés devant. Ceci dit, nous avons 21 médailles d’argent qui ont échoué tout près de la médailles d’or. Le niveau a parfois été trop haut haut. Ce sont de grandes médailles d’argent derrière de grandes médailles d’or.

JM : Nous avons 20 médailles de moins qu’à Athènes et c’est une déception. Nous devons donc analyser notre système de haut niveau pour voir comment inverser la tendance. Après avoir été 5ème à Atlanta, 7ème à Sydney, et 9ème à Athènes, nous avons des difficultés à convertir notre potentiel en médailles d’or paralympiques. Par contre, la grosse satisfaction vient de notre polyvalence avec 11 sports médaillés sur 13 présentés.


Le niveau est-il beaucoup plus élevé qu’à Athènes?
GM :
Oui car les pays investissent plus, ce qui permet aux athlètes de s’entraîner davantage. Aujourd'hui, le sport pour handicapés est reconnu dans beaucoup de pays qui faisaient de la figuration. La professionnalisation est donc plus élevée, mais il faut prendre en compte le choix des disciplines. La natation, le tennis de table et l’athlétisme représentent 300 épreuves sur un total de 400. Or la France essaie d’être présente partout. Après les Jeux, on continuera à s’occuper du foot fauteuil électrique, 1ère discipline à la Fédération alors que ce n’est pas reconnu aux jeux paralympiques. La France ne se soucie pas uniquement de faire du haut niveau mais aussi du loisir.

JM : Tout dépend effectivement de la stratégie suivie. La Tunisie est derrière nous mais elle ne s’est présentée qu’en athlétisme. L’Ukraine termine 4ème mais elle choisit ses disciplines en fonction du nombre de médailles qu’elle peut rapporter. A l’intérieur de ces disciplines, elle a également analysé les catégories où la concurrence était moindre. C’est une stratégie possible mais ce n’est pas la vision de notre fédération. Nous ne sommes pas suffisamment accrochés au classement des nations pour délaisser certaines catégories au profit d’autres. Nous exerçons une mission de service public pour permettre à ceux qui sont motivés par le sport, quelle que soit leur catégorie, d'être les plus les plus performants possibles.


Pékin par rapport à Athènes, c’était comment?
GM :
Les Chinois ont parfaitement respecté la charte du CIO. A la différence d’Athènes, ils ont des équipes de volontaires beaucoup plus importantes, plus jeunes, donc plus dynamiques et plus polyglottes. Il y a eu aussi beaucoup d’émotion dans le stade du Nid d’oiseau. Un athlète polonais a pleuré pendant la remise des médailles et a fait pleurer tout le monde.

JM : D’un point de vue organisationnel, on n’est pas loin du sans faute. Les stades étaient pleins du matin au soir. Je suis aussi impressionné par l’esprit d’entraide qui a régné dans l’équipe de France. Le tennis de table en est le symbole, car toutes les équipes sont montées sur le podium, du jamais vu. C’est le symbole de l’état d’esprit collectif et gagneur de cette équipe.