Thierry Rey: «être le fer de lance du sport parisien et français»

OMNISPORT Le directeur du développement et du haut niveau du Lagardère Paris Racing est ambitieux pour son club…

Propos recueillis par R.S.

— 

Thierry Rey, directeur du développement et du haut niveau du Lagardère Paris Racing, le 16 septembre 2008, dans les locaux du club, rue Eblé, à Paris. 
Thierry Rey, directeur du développement et du haut niveau du Lagardère Paris Racing, le 16 septembre 2008, dans les locaux du club, rue Eblé, à Paris.  — Sébastien ORTOLA/20minutes
Le champion olympique de judo 1980 est désormais directeur du développement et du haut niveau du Lagardère Paris Racing. Avant d’aborder une nouvelle saison sportive et de se projeter sur les Jeux de Londres, il se veut toujours plus ambitieux…

Le Lagardère Paris Racing a envoyé ses premiers athlètes aux Jeux. Quel bilan en tirez-vous?

Très bon. Six médailles (pour neuf médaillés avec les escrimeurs), c’est un bilan largement positif. D’autant qu’un an après la création de la structure, on a travaillé dans l’urgence. Maintenant, on est dans l’évaluation des besoins. Jeudi, on va débriefer avec tous les responsables de section et nos entraîneurs pour savoir quels sont les besoins. On va suivre leurs avis pour mettre leurs envies et leurs talents en pratique. On démarre un cycle de quatre ans, jusqu’au Jeux de Londres. D’ici là, on doit encore tout améliorer.

Cela signifie investir plus de moyens sur certains sports?
Oui, mais pas seulement. On doit aussi cibler notre recrutement. Pas forcément des grands champions, déjà médaillés aux Jeux. Ce n’est pas l’idée. Aujourd’hui, on veut faire venir des jeunes talents et les amener au très haut niveau. Il faut qu’on les repère. Comme on l’a fait avec Teddy. C’est comme cela que le Lagardère Paris Racing sera le fer de lance du sport parisien et français. Récemment, on a engagé la jeune Morgane Ribout en judo. L’idée, c’est qu’elle soit championne olympique dans quatre ans.

Le mécénat sportif, c’est une aubaine pour progresser...

Bien entendu. Nous, on a les moyens et les compétences pour progresser. A travers l’engagement d’Arnaud Lagardère, on participe à la réussite du sport français. On a des financements, des infrastructures, mais le mécénat, c’est aussi la distribution de bourses ou le soutien des associations. En général, le sport français est soutenu par les régions, les départements, les villes à travers des subventions ou des emplois de complaisance. Quand Alain Bernard s’engage avec la gendarmerie ou que les Guénot s’affichent à la RATP, ça me fait rire. Mais ça n’a rien à voir avec ce qu’on propose à nos sportifs.

Dans des sports comme le judo ou l’escrime, vous introduisez le professionnalisme…

On est une structure privée et un jeune qui arrive chez nous à 18 ans signe un contrat. Il a un statut social. Nous, on paye nos sportifs pour qu’ils fassent du sport. C’est comme ça qu’on va faire évoluer. Après, on individualise les programmes des athlètes. On essaye de leur donner une expertise pointue. On leur propose aussi un suivi biologique.

A long terme, quelle est l’ambition du club?

Travailler et s’impliquer de plus en plus dans la réussite du sport français. On parle déjà de la mise en place de formations, de suivi scolaire pour les jeunes. Pour le haut niveau, on vise les Jeux. L'idéal, ce serait d'emmener 40 à 45 athlètes aux Jeux et remporter le plus de médailles possible.