Gironde: Saint-Jean d'Illac, «le petit village gaulois résiste» même face au grand Paris Volley

VOLLEY Le club girondin se retrouve en demi-finale de Ligue B dès sa première année à ce niveau

Propos recueillis par Clément Carpentier

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Les joueurs de Saint-Jean-d'Illac (en bleu) espèrent bien franchir le mur parisien ce week-end.
Les joueurs de Saint-Jean-d'Illac (en bleu) espèrent bien franchir le mur parisien ce week-end. — ASI Volley
  • Saint-Jean d’Illac vendra encore chèrement sa peau samedi face au Paris Volley malgré sa défaite au match aller.
  • Promus en Ligue B cette saison, les Girondins repoussent chaque année un peu plus ses limites.
  • Le président de l’ASI, Stéphane Hassoun, souhaite pérenniser le club au haut niveau.

Mais où s’arrêteront-ils ? Promus en Ligue B (deuxième niveau français) cette saison, les joueurs de Saint-Jean-d’Illac (7.000 habitants), le « Guingamp du volley », n’en finissent plus de repousser leurs limites. Après une saison régulière plus que correcte (5e), le petit poucet du championnat se retrouve aujourd’hui en demi-finale face au mythique Paris Volley (9 fois champion de France et vainqueur de la Ligue des champions en 2001). Battu au match aller en Gironde (2-3), l'ASI va tenter de réussir à un nouvel exploit ce week-end dans la capitale pour s’offrir une finale. Stéphane Hassoun, son président, y croit !

Stéphane Hassoun, le président de Saint-Jean-d'Illac.

Vous vivez encore une saison assez exceptionnelle ?

Oui même si on a découvert un nouveau niveau cette année. Mais, le club était bien préparé au niveau des structures pour ça et sportivement, on est dans la continuité de ces dernières saisons. Il a fallu tout de même un temps d’adaptation au début.

Avec six défaites lors des sept premiers matchs de championnat…

On n’était pas loin chaque fois puisqu’on perdait souvent au tie-break mais il manquait toujours le petit truc en plus. On n’a pas paniqué car on était dans le vrai. Et sur la deuxième partie de saison, on fait l’inverse avec huit victoires sur les dix derniers matchs. On savait dès le départ qu’on avait le niveau. Il fallait simplement un peu de temps pour lancer la machine.

Mais pensiez-vous faire une aussi bonne saison ?

On a mis le club en ordre de marche depuis quelque temps et tout le monde franchit les étapes les unes après les autres. On est un peu le petit village gaulois qui résiste mais on n’a pas à rougir de notre club. Après bien sûr que ce n’est pas commun d’avoir un club de 7.000 habitants à ce niveau-là.

Une demi-finale dès cette année, vous en rêviez ?

Dès le début, on a dit qu’on voulait aller en play-offs même si on était un promu. Dire que vous jouez le maintien, c’est la meilleure manière de le jouer et de descendre au bout du compte. Comme on dit la meilleure défense, c’est l’attaque.

On espérait atteindre une demi-finale en trois ans. Là, c’est dès la première année. On doit apprécier ce moment-là.

Et vous jouez le Paris Volley ?

Les joueurs n’ont clairement pas de limite. Même si on a perdu le premier match, on va tout faire pour gagner là-bas samedi. On n’y va pas pour faire la fête ! On espère s’offrir un match d’appui dimanche.

Le club pourrait-il assumer une montée en Ligue A ?

Déjà, il y aurait un cahier des charges à respecter. Un sol bicolore, le challenge vidéo à installer… En gros, il faudrait passer d’un budget de 600.000 euros à 1.2 millions d’euros. A l’heure actuelle, on n’est pas prêt à franchir la marche financièrement. Mais franchement, c’est totalement prématuré de se poser la question aujourd’hui.

A moyen terme, quel est l’objectif ?

Pérenniser le club au haut niveau, continuer à grandir et à progresser au niveau sportif. On va changer notre sol, on aura sûrement un joueur supplémentaire dans l’effectif, une personne va s’occuper du développement des partenariats… Le but est toujours d’être dans la continuité. On veut garder un maximum de joueurs et ils sont plutôt prêts à rester.

Et Anisse Guechou, votre jeune entraîneur, il doit être très sollicité…

On lui a donné sa chance et en retour, il pousse vraiment le club à se développer. Il a l’expérience d’un club comme le Paris Volley où il a fait ses classes. C’est quelqu’un de très fin et d’intelligent. J’ai une totale confiance en sa loyauté et je ne vois pas pourquoi il bougerait. Il est sur du long terme comme le club.