Pour recruter ou être recruté... L'application myRookie veut devenir le LinkedIn du rugby

APPLI Ancien international de rugby à XIII, Eric Anselme a lancé l’application myRookie. Le principe : aider les joueurs à lancer leur carrière et les clubs à recruter, dans toutes les formes de rugby

Nicolas Stival

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L'appli myRookie est développée par l'ancien international de rugby à XIII Eric Anselme.
L'appli myRookie est développée par l'ancien international de rugby à XIII Eric Anselme. — B. Colin / 20 Minutes
  • L’application myRookie s’adresse aux joueurs, clubs, entraîneurs et agents dans toutes les formes de rugby, essentiellement à XV et à XIII.
  • Eric Anselme, son créateur treiziste, s’est servi de son expérience de joueur et d’entraîneur pour mettre au point l’appli.

Le nom est anglais, comme le slogan « Be the one ». Pourtant, myRookie est une application gratuite pour iPhone et Android développée par un Toulousain, installé à Albi. Eric Anselme (40 ans), ancien international aux 32 sélections en rugby à XIII, a beaucoup bourlingué dans sa carrière, notamment en Angleterre et en Australie.

Cette appli est le fruit d’un an de travail : « Elle permet aux jeunes joueurs à fort potentiel de se faire remarquer et de pouvoir être détectés par des clubs professionnels ou amateurs. » L’inverse est vrai. « L’ASBH [Béziers, Pro D2] et son centre de formation se sont inscrits ce mercredi après-midi. Il s’agit de gagner en visibilité, de recruter de futurs talents, de publier des annonces… »

L’appli myRookie s’adresse aussi aux membres de staff (entraîneurs, préparateurs physiques…) et aux agents, dans toutes les formes de rugby (XV, XIII, IX et VII). Eric Anselme s’est appuyé sur son expérience de jeune treiziste désireux de devenir pro en Angleterre et en Australie, où ce sport est roi, à la différence de la France. Mais aussi sur ses relations tissées tout le long de sa carrière, et sur ses sept ans d’entraîneur à Albi (Elite 1 de rugby à XIII).

« A deux semaines du début du championnat, je me suis un jour retrouvé obligé de recomposer mon effectif parce que quatre joueurs étaient partis. J’ai envoyé des messages, des SMS… Je me suis alors dit que s’il existait une plate-forme où je pouvais faire mon recrutement… » Comme elle n’existait pas, il a décidé de la créer.

« Comme sur LinkedIn »

Le principe ? Un joueur, après avoir rentré son « pedigree » (âge, taille, poids, poste…) doit se noter dans six compétences, de zéro à cinq étoiles : vitesse, puissance, technique, mental, attaque et défense. Pour cela, il dispose d’un capital de 20 étoiles, afin qu’il ne se mette pas le maximum partout.

« Son réseau de connaissances pourra le noter aussi, en ajoutant une étoile dans certains secteurs, ajoute Eric Anselme. Un peu comme sur LinkedIn, où l’on reconnaît les compétences. » Selon ses besoins, un club pourra alors « faire son marché », qu’il évolue en Fédérale 3 (cinquième division du rugby à XV) ou en Top 14.

« Pour en avoir parlé à Ugo Mola [co-entraîneur du Stade Toulousain], je sais qu’il recherchait un trois-quarts supplémentaire avec un profil type qu’il n’arrivait pas à trouver. » Sur le site officiel de son club, Mola a d’ailleurs déclaré vouloir « adopter » l’appli pour « avoir une visibilité sur l’ensemble des joueurs, des plus connus aux pépites en manque de reconnaissance ». Mais aussi « pour améliorer la visibilité de notre centre de formation ».

Un entraîneur devra évaluer quant à lui ses niveaux de stratégie, de leadership, de communication, de compétence et de technique. Un système de certification, façon Facebook, Twitter ou Instagram, sera développé dans un futur proche pour débusquer les potentiels faux profils. Tout comme une formule premium sur abonnement, avec davantage de fonctionnalités, même si joueurs, coachs et clubs pourront toujours profiter de la version actuelle gratuite (les agents doivent quant à eux déjà verser 39,99 euros par mois).

Bientôt d’autres sports ?

« Il y a un peu plus de 1.000 utilisateurs au bout de trois semaines, détaille Eric Anselme. Cela représente 70 % de joueurs, 20 % de staffs et 10 % de clubs. L’objectif est de 30.000 téléchargements à la fin de l’année et du double l’année suivante. » Avec, pourquoi pas, l’ajout d’autres sports. « Nous avons déjà été contactés par des clubs de handball et de foot américain », ajoute l’ancien treiziste, qui quittera son club d’Albi à la fin de saison pour se consacrer entièrement à son application.

« J’ai trouvé un accord avec des clubs et des entraîneurs professionnels afin de faire des sélections cet été à partir de profils de myRookie, à XV comme à XIII. Je cherche maintenant un équipementier sportif intéressé pour parrainer l’événement. »