Arnaud Dagorne: «Protéger l'identité culturelle du rugby.»

RUGBY Entretien avec Arnaud Dagorne, directeur général de la LNR...

M. Go.

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En 2008, la Ligue Nationale de Rugby a fêté ses 10 ans d’existence. Une décennie pendant laquelle la Ligue a accompagné les clubs français d’un rugby cassoulet vers un sport de plus en plus professionnel. Entretien avec son directeur général, Arnaud Dagorne, à quelques heures de l’ouverture d’une nouvelle saison.


Dix ans de rugby professionnel. Quels sont les grands chantiers qui vous attendent aujourd’hui?


Nous souhaitons avant tout confirmer la croissance budgétaire du rugby pro. Cette année, le budget d’un club du Top 14 est passé en moyenne de 11 à 13,30 millions d’euros, ce qui représente une augmentation de 20% grâce notamment à l’arrivée d’un gros comme Toulon. Ensuite nous devons nous atteler au chantier des stades pour augmenter le nombre des places assises. Perpignan, Toulouse, Biarritz, Bayonne ont des stades magnifiques mais d’autres clubs comme Dax n’ont pas d’infrastructures suffisantes alors que c’est une ville qui a la passion du rugby. Il faut également que nous protégions la formation et donc l’identité culturelle du rugby français. Il faut donner aux clubs les moyens d’aligner des joueurs formés localement. Cela passera par une réglementation européenne. Les dossiers sont sur le bureau de MM. Sarkozy et Laporte.

Vous pensez donc qu’il y a trop d’étrangers dans le championnat de France?

Non car le fait que des stars comme Carter ou Collins viennent, prouve que notre championnat est attrayant. L’effectif de Brive est constitué de 24 joueurs étrangers. Mais il faut aussi que nous pensions à nos centres de formation. 29 des clubs pro en possèdent un. Bourg-en-Bresse qui n’en a pas dispose par contre d’une super école de rugby. En protégeant la formation, nous nous battrons aussi pour l’exception culturelle de l’équipe de France.

Qu’en est-il du chantier du calendrier ? (A cause d’un calendrier surchargé les clubs du top 14 avaient menacé la saison dernière de boycotter les coupes d’Europe)


Le calendrier est une de nos priorités. L’année dernière, nous avions une saison avec une coupe du monde et il était donc très difficile de contenter tout le monde. Je pense que cette saison, nous arriverons à ce qu’il n’y ait que 4 ou 5 doublons championnat-coupe d’Europe.

Parlez-nous des nouvelles règles en vigueur cette saison?

Elles vont dynamiser le jeu dans tous les domaines (touche, maul…) et ce sera intéressant de voir comment les équipes et le public s’y adaptent. Nous avons laissé toute l’intersaison aux clubs pour se préparer avec des arbitres. C’est l’un des grands enjeux de la saison qui commence mardi soir.

Y a-t-il d’autres championnats ou d’autres sports qui vous inspirent?


Tout ce qui peut améliorer le Top 14 est bon à prendre. Nous sommes en contact permanent avec les Anglais et les autres championnats européens. Je suis par exemple très content que pour la première fois un All Black aille jouer en Espagne, nous regardons comment les autres championnats gèrent l’accueil du public, le respect des valeurs, des joueurs. Même les grands sports américains sont des exemples dans certains domaines même s’il est hors de question que nous nous organisions en franchise car nous sommes trop attachés à la culture de la relégation et de la promotion.