« Mes potes, je ne les laisse pas sur le carreau »

Propos recueillis par Floréal Hernandez - ©2008 20 minutes

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Vincent Anstett

4e sabreur français, privé de médaille d'or

Comment avez-vous vécu les JO ?

Pas très bien. Je m'attendais à quelque chose de difficile avec le statut de remplaçant, mais ça a été pire que ça. Je ne sais même pas si j'ai fait les Jeux. Je n'ai rien vu, je ne vivais pas au village olympique, je n'ai pas pu participer à la cérémonie d'ouverture. Je n'ai fait que m'entraîner. Je suis frustré et déçu. C'est paradoxal car nous sommes champions olympiques. Ça avait été plus facile, il y a 4 ans, quand j'étais le cinquième devant ma télé.

Les phrases de soutien de vos trois coéquipiers vous ont-elles réconfortées ?

Oui, ça fait plaisir d'entendre qu'on ne m'oublie pas, mais ce sont aussi des paroles faciles. L'action, c'est mieux. Si eux ou l'entraîneur avaient voulu, j'aurai pu être sur la piste. Moi, mes potes, je ne les laisse pas sur le carreau. J'aurai fait en sorte qu'ils aient le podium et la médaille.

Comment envisagez-vous la suite de votre carrière sportive ?

C'est flou. Si l'entraîneur ne te fait pas rentrer contre les Etats-Unis, la septième nation mondiale, alors que ton équipe est numéro 1, c'est qu'il n'a pas confiance en toi. Je me pose des questions sur mon avenir.

Pensez-vous arrêter ?

Je n'ai pas pris de décision définitive. A priori, je vais continuer. Mais il faudra être capable de rentrer tous les jours dans la salle de l'INSEP et voir les gars. C'est trop frais pour savoir si je pourrais. Il y a un bel objectif avec les Mondiaux à Paris en 2010. Après, les JO de Londres, c'est trop loin pour envisager quoi que ce soit.