Les Français à Pékin: une fille en or, des finales et de l'injustice

JO2008 Ce qu'il faut retenir du vendredi des Français et des Françaises...

Alexandre Pedro

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Alexis Vastine effondré après son élimination en demi-finale des - de 64 kilos face au Dominicain Felix Diaz, le 22 août 2008.
Alexis Vastine effondré après son élimination en demi-finale des - de 64 kilos face au Dominicain Felix Diaz, le 22 août 2008. — © Lee Jae Won / Reuters

Ce n’est pas encore la parité, mais ce vendredi les Françaises ont presque éclipsé ces messieurs, responsable de près de 90% des breloques tricolores. Pour la première du BMX aux Jeux, Anne-Caroline Chausson ne s’est pas ratée. Véritable légende du VTT descente (discipline non olympique), Chausson est revenue en 2006 à ses premiers amours afin de goûter à l’ivresse olympique. Dominatrice dans toutes les manches de qualification, la Dijonnaise occupe la deuxième place en finale, mais prend le virage à l’intérieur devant la Britannique Shanaze Reade. Enervée, Reade tente le tout pour le tout mais termine dans le décor. Laetitia Le Corguillé saute sur l’occasion pour décrocher l’argent. A 22 ans, l’avenir de la discipline lui appartient puisque Chausson a décidé de ranger le vélo à l’amorce de la trentaine. Sur le podium, Anne-Caroline lâchera une larme en souvenir à son père décédé l’an dernier. Une grande championne s’en va.

>>>A lire, l'interview de la championne olympique de BMX

Des larmes, il y en a aussi eu côté piste, mais cette fois de détresse. Sur 50km marche, ce n’était pas la bonne tournée pour le facteur Yohann Diniz. Mal à la jambe, mal au ventre, mal au moral, le vice-champion du monde a souffert après un bon début de course. Plus dans le coup, il se gare à l’amorce du 30e kilomètre.

>>>Les malheurs de Diniz en cliquant ici

La révolte de Vastine

Il y a des matins comme ça, c’est ce que doit aussi se dire Alexis Vastine. Rarement une médaille de bronze n’a eu un goût aussi indigeste. Vastine n’a pas fini de crier à l’injustice. «Ils n’ont pas le droit», hurle à la mort le boxeur normand. «Ils» se sont cet arbitre et ces juges qui lui ont volé une finale olympique en lui infligeant quatre points de pénalité, plus que sévères. Pour la forme, le clan français dépose une réclamation destinée à finir aux oubliettes.

Dommage, la journée aurait pu être parfaite pour les hommes du DTN Dominique Nato. Quelques minutes auparavant, Khédafi Djelkhir s’est ouvert les portes de la finale en tordant l’Azéri Imranov, dégouté au point d’abandonner après un round passé à encaisser les coups du rouleau-compresseur bisontin. Dans un style plus délié, Daouda Sow a créé la sensation en se déjouant du redoutable Cubain Yordenis Ugas. Sow et Djelkhir ne sont plus qu’à quatre rounds de l’or.
>>> Djelkhir frappe fort et va en finale

Les Experts sont eux à 60 minutes de ce sacre olympique derrière lequel le hand français cravache depuis 1992. Face à la Croatie de Balic, les Bleus ont joué sérieux et discipliné avant de faire parler le talent dans les dernières minutes, comme sur ce «kung-fu» venu d’ailleurs signé du duo Guigou / Narcisse. Les Français s’imposent 25-23. En finale, c’est la surprenante Islande et ses 300.000 habitants qui se profilent.

>>>Les Bleus en finale pour la première fois du hand

Cazé se rate

Alors que Français et Croates se disaient quelques mots doux entre deux échange de gifles, Gwladys Epangue se consolait avec une médaille de bronze au taekwondo. Sa demi-finale perdue contre la Sud-Coréenne Kyungson Hwang sur une décision contestable, risque tout de même de lui rester un long moment en travers la gorge.

Amélie Cazé, elle, ne peut s’en prendre qu’à elle-même. Tétanisée par l’événement, la double-championne du monde de pentathlon moderne échoue à une décevante neuvième place. La psychologie d’une sportive pendant les JO est parfois insondable.