Estanguet - Martikan, encore dans le même bateau

CANOE Pour conquérir son troisième titre olympique, le porte drapeau français doit vaincre son rival slovaque...

Romain Scotto
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Le céiste Tony Estanguet (à droite), saluant le Slovaque Michal Martikan (à gauche), après avoir remporté la médaille d'or des Jeux d'Athènes en canoë C1, le 18 août 2004.
Le céiste Tony Estanguet (à droite), saluant le Slovaque Michal Martikan (à gauche), après avoir remporté la médaille d'or des Jeux d'Athènes en canoë C1, le 18 août 2004. — D.Sagolj/REUTERS

Impossible d’évoquer la carrière de l’un sans citer le nom de l’autre. Depuis douze ans, les deux «céistes» sont au sommet de leur discipline et raflent la plupart des les titres internationaux. Entre Tony Estanguet et Michal Martikan, chaque compétition est une revanche de la précédente. Le nouvel épisode d’une rivalité qui agite régulièrement l’eau vive des bassins de canoë.


Dans sa quête d’un troisième titre olympique consécutif, le porte drapeau de la délégation française devra donc une nouvelle fois noyer les espoirs de son rival, champion du monde en titre. «Ce serait extraordinaire. Il (Martikan) a envie de récupérer ce titre olympique, je le sens vraiment extrêmement déterminé, lançait-il fin avril lors de sa remise de drapeau, au CNOSF. Pour moi, c’est un beau défi à relever. Je sais aussi que ce sera très difficile L'an dernier, aux championnats du monde j'ai terminé second derrière lui. Il faut rester prudent. »

12 centièmes d’écart à Athènes

Si aucun pagayeur ne vient troubler leur explication, l’écart entre les deux favoris devrait encore être infime. A Athènes, en 2004, le titre tendait les bras à Michal Martikan jusqu’à ce que le visionnage vidéo trahisse une légère touche, synonyme d’une pénalité de deux secondes. Au final, le Palois qui avait déjà félicité son adversaire, décrochait l’or pour seulement… 12 centièmes.



Très proches sous le portique d’arrivée, les deux «céistes» ne travaillent pourtant pas de la même manière. Dans le jargon de la discipline, on dit que l’un borde à gauche (Estanguet) et l’autre à droite (Martikan). Dans les rapides, l’opposition de style ravit les spécialistes. Le Français, plutôt élancé, navigue tout en fluidité. La star slovaque, trapue et ramassée, fait plus parler sa puissance de bras.

Martikan la star, Estanguet le discret

Dans un pays où le canoë est un sport national, (avec le hockey sur glace), la star Martikan jouit aussi d’un tout autre statut que le Français, salué du bout des doigts tous les quatre ans pour ses exploits aux Jeux. Cette année encore, les seuls réels espoirs de médaille d’or slovaque reposent sur ses biceps. Plus que Martikan, c’est tout un pays qui souhaite contrarier les rêves de triplé du Français.

Le jour de leur duel: le mardi 12 août à 9h10 (heure française)

Pourquoi Estanguet va gagner:
parce qu'être porte drapeau, ça donne des ailes. Marie Jo-Perec et David Douillet lui ont tout expliqué.

Pourquoi Martikan va gagner:
parce qu'il veut quand même que le nom de son pays apparaisse au classement des médailles.