Carlos Sastre, un vainqueur trop discret?

Alexandre Pedro

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Carlos Sastre, le coureur cycliste de l'équipe CSC, vainqueur du Tour de France 2008, ici avec son maillot jaune sur le podium du Tour sur les Champs Elysées, le 27 juillet 2008.
Carlos Sastre, le coureur cycliste de l'équipe CSC, vainqueur du Tour de France 2008, ici avec son maillot jaune sur le podium du Tour sur les Champs Elysées, le 27 juillet 2008. — B.Papon/REUTERS

Vous ne trouverez personne pour dire du mal du vainqueur du Tour de France 2008. Carlos Sastre s’est construit dans le silence et dans la discrétion. Le peloton apprécie sa gentillesse qui tend à l’effacement. L’Espagnol n’assure pas le service après-vente. Sur le podium final du Tour, son discours a tenu en une poignée de mots. «Je suis quelqu'un qui parle peu, je préfère écouter les autres», assume le coureur à la triste-figure. «Carlos est quelqu'un de très calme, de très relax, parfois trop même», déplore presque son directeur sportif à la CSC, Kim Andersen.

Il fait ses classes avec Jalabert

Si discret que pas grand monde n’a pensé à le glisser dans la liste des favoris avant le départ. Pourtant à 33 ans, le coureur d’El Barraco (près de Madrid) s’avance alors avec un pedigree respectable sur le Tour. Troisième en 2006 et quatrième en 2007, le grimpeur de poche est un homme du juillet, souvent plus fort en troisième semaine que lors de la première.

Comme Indurain, Ulrich ou Armstrong avant lui, «Carlito» est un monomaniaque de la Grande Boucle. En dehors du Tour, son palmarès se résume à une étape du Tour de Burgos en 2001. Sastre a d’abord fait ses armes comme équipier de Laurent Jalabert à la Once. Et quand il part pour la CSC, le Tarnais ne manque pasd’amener avec lui son ami espagnol. «Sans être un coureur spectaculaire, il est régulier, intelligent dans la façon de gérer sa saison et ses objectifs», explique Jalabert.

L’ombre de son beau-frère

Sastre fait aussi peu parler de lui en matière de dopage, il est d’ailleurs l’un des rares leaders espagnols dont le nom n’apparaît pas dans l’affaire Puerto. Il se dit être la preuve qu’un cyclisme propre peut gagner. Sa progression régulière plaide pour lui, mais on a appris à ne jurer de rien dans le cyclisme.

Au moment de boucler ce Tour victorieux, Sastre a probablement eu une pensée pour José Maria Jiménez, son beau-frère et idole. Quand on évoque le souvenir de Jiménez, Sastre va jusqu’à dire qu’il s’agit « d’une victoire commune». Grimpeur flamboyant et personnage rocambolesque, «El Chavo» est décédé d'un infarctus au cours d'une cure de désintoxication en 2003. Il avait 32 ans. Une autre époque du cyclisme ? Peut-être.

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