Les Grecs, comme des Dieux

Romain Scotto

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Le capitaine de la sélection de Grèce, Theodoros Zagorakis, soulevant le trophée de l'Euro 2004, remporté en finale aux dépens du Portugal, à Lisbonne, le 4 juillet 2004.
Le capitaine de la sélection de Grèce, Theodoros Zagorakis, soulevant le trophée de l'Euro 2004, remporté en finale aux dépens du Portugal, à Lisbonne, le 4 juillet 2004. — K.Pfaffenbach/REUTERS
Efficace à défaut d’être spectaculaire, la Grèce crée une énorme surprise en remportant son premier Euro. Eliminant au passage le tenant du titre et le pays organisateur…

Les surprises les mieux réussies sont souvent les mieux préparées. Celle que le sélectionneur grec, Otto Rehhagel, a réservée cette année-là à ses adversaires en est la parfaite illustration. En s’appuyant sur une défense très repliée et sur une colonne vertébrale (Dellas, Zagorakis, Charisteas) talentueuse, le stratège allemand réussi à faire déjouer toutes les équipes adverses, y compris la France, pour offrir à la Grèce la victoire la plus inattendue de l’histoire de l’Euro.

Le 12 juin, lors du match d’ouverture entre le Portugal, pays organisateur, et la Grèce, nul ne se doute que les deux équipes se retrouveront en finale du tournoi trois semaines plus tard. La défaite des coéquipiers de Luis Figo (1-2) est alors considérée comme un accident de parcours. Parallèlement, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne quittent la compétition prématurément. La France, elle, s’extirpe difficilement de son groupe. Menée 1-0 face à l’Angleterre dans les arrêts de jeu, elle doit son salut à un doublé de Zidane (2-1).

Invités surprises

En quart de finale, l’équipe de Jacques Santini marche à côté de ses pompes face à la Grèce. Et malgré une large domination, elle s’incline 1-0 sur un but de la tête d’Angelos Charisteas. Au tour suivant, la révélation du tournoi surprend la République tchèque durant la prolongation (1-0). L’autre demi-finale entre le Portugal et les Pays-Bas fait figure de finale avant l’heure. Grâce à des buts de Maniche et Cristiano Ronaldo, le pays hôte tient sa revanche face à la Grèce.

Mais de revanche, il n’y aura pas. En finale, les outsiders grecs dominent à nouveau l’équipe de Luis Felipe Scolari, sans rien changer à leur schéma tactique. Arc-boutés en défense, ils surprennent leur adversaire en contre-attaque. Auteur de l’unique but de la rencontre, le héros national se nomme encore Charisteas. Depuis la victoire danoise en 1992, l’Euro ne s’était plus offert un vainqueur aussi inattendu.

Finale: Grèce bat Portugal: 1-0.
Demi-finales: Grèce bat République Tchèque: 1-0 (a.p.) et Portugal bat Pays-Bas: 2-1.