Des Bleus renversants

Romain Scotto

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Les joueurs de l'équipe de France, soulevant le trophée de l'Euro 2000, après leur victoire en finale face à l'Italie (2-1, but en or), le 10 juillet 2000.
Les joueurs de l'équipe de France, soulevant le trophée de l'Euro 2000, après leur victoire en finale face à l'Italie (2-1, but en or), le 10 juillet 2000. — AFP

Pour la première fois en onze éditions, la phase finale de la compétition est organisée conjointement par deux pays, les Pays-Bas et la Belgique. Un avantage dont ne profitent pas les Diables Rouges, sortis de la compétition dès la phase de poule. Dans le groupe le plus relevé, le Portugal crée la surprise en devançant l’Angleterre et l’Allemagne. Il ne tombe qu’en demi-finale, face à l’équipe de France, la nouvelle bête noire des Lusitaniens.

Emmenés par une majorité de champions du monde 98, les Bleus terminent deuxièmes de leur groupe après une défaite sans conséquence face aux Pays-Bas de Frank Rijkaard. En quart de finale face à l’Espagne, ils tremblent jusque dans les arrêts de jeu, lorsqu’à 2-1, l’arbitre offre à Raul l’occasion d’égaliser sur penalty. Mais l’attaquant du Real flanche face à Barthez et laisse la France défier le Portugal au tour suivant.

Face aux Lusitaniens, le match bascule également sur un penalty. Pendant la prolongation, la main du défenseur Abel Xavier n’échappe pas à l’arbitre de touche. Après plusieurs minutes de contestation, Zidane le transforme et envoie la France en finale. Elle y retrouve l’Italie, vainqueur aux tirs aux buts des Néerlandais, pourtant soutenus par leur public à l’Arena d’Amsterdam.

Soudain, Wiltord...


La finale, à Rotterdam, est annoncée comme la revanche du dernier quart de finale de coupe du Monde entre les deux équipes. Solide défensivement, la Squadra Azzura parvient à museler Zidane et ouvre le score grâce à Delvecchio à la 55e minute. A 0-1, le public italien chante déjà sa victoire. Il ne reste que quarante secondes dans les arrêts de jeu quand surgit Sylvain Wiltord…

Le remplaçant de Christophe Dugarry s’échappe côté gauche et adresse une dernière frappe avant le coup de sifflet final. Le ballon passe entre les jambes de Nesta, frôle le bras de Toldo et termine au fond des filets (1-1). Le match est relancé. Comme quatre ans auparavant, c’est un but en or qui clôt le spectacle. Sur un centre de Pires, David Trézéguet place une volée du gauche dans le but de Toldo pour s’offrir le droit de soulever, deux ans après la coup du monde, un nouveau trophée. Jamais en Europe, une équipe n’avait réalisé un tel doublé.

La finale: France bat Italie: 2-1 (but en or).
Les demi-finales: France bat Portugal: 2-1 (but en or) et Italie bat Pays-Bas : 0-0 (3-1, t.a.b).