Les Bleus, enfin…

Romain Scotto

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Les joueurs de l'équipe de France posant autour du trophée de l'Euro 1984, après une victoire en finale face à l'Espagne (2-0), le 27 juin 1984, au Parc des Princes, à Paris.
Les joueurs de l'équipe de France posant autour du trophée de l'Euro 1984, après une victoire en finale face à l'Espagne (2-0), le 27 juin 1984, au Parc des Princes, à Paris. — SIPA

Cela faisait vingt-quatre ans que les Bleus n’avaient plus pris part à la compétition. A l’époque, lors de la première édition, la France était déjà le pays hôte d’une phase finale dont elle n’avait pas gagné le moindre match. Les mauvaises langues diront qu’il lui fallait à nouveau organiser l’événement pour y participer. Mais cette fois-ci, plus question de débâcle. Pour les Bleus de Michel Hidalgo, l’événement prend, dès le match d’ouverture, une tournure bien plus souriante.

Deux triplés pour Platoche

Après une victoire étriquée face au Danemark (1-0), ils atomisent la Belgique (5-0) et font plier la Yougoslavie (3-2). Le championnat d’Europe des Nation français est bien lancé. Au cours des deux derniers matches, Platini réalise deux triplés et s’installe aux commandes du classement des buteurs. Il ne les lâchera plus. A la pointe du fameux carré magique, avec Tigana, Fernandez et Giresse, le meneur de jeu de l’équipe de France s’impose comme le meilleur joueur du tournoi. Avec 9 buts en 5 matches, il est aujourd’hui encore le meilleur buteur lors d’une phase finale.

En demi-finale, face au Portugal, c’est encore lui qui donne la victoire aux Bleus. A 2-2, le futur ballon d’or surgit à la 119e minute des prolongations pour offrir à la France sa première finale dans une grande compétition.

L’ultime rendez-vous est fixé le 27 juin au Parc des Princes. Pour dépoussiérer leur palmarès, les Français doivent se défaire de l’Espagne, emmenée par Salva, Camacho, Santillana et... Arconada.

Arconada entre lui aussi dans la légende


En 1976, l’Euro avait immortalisé Panenka. L’élu de l’année 1984 se nomme Luis Arconada. Comme le Tchécoslovaque, le gardien espagnol fait basculer la finale et comme lui, il donne, au cours de ce match, son nom à l’un de ses gestes. Moins glorieux, certes mais tout aussi marquant. 57e minute, suite à une faute sur Lacombe, Michel Platini tire un coup franc à l’entrée de la surface. Son ballon brossé parait sans danger pour le gardien de la Real Sociedad qui, dans son envol, bloque le ballon sur sa ligne, avant de le laisser glisser sous son corps. La finale est jouée…

Platini et ses coéquipiers mènent 1-0 et n’attendent plus que François Mitterrand leur remettre le trophée. Un deuxième but de Bellone scelle définitivement le sort de la rencontre. La France remporte pour la première fois l’Euro. Son Euro. Et quoi qu’en disent les mauvaises langues, dans les grandes compétitions, on ne retient que le nom des vainqueurs.

La finale : France – Espagne : 2-0.
Les demi-finales : France bat Portugal : 3-2 (a.p.) et Espagne bat Danemark : 1-1 (5-4 t.a.b.).