Dans l'antre des Lakers

NBA Reportage chez les Lakers à l'occasion de leur dernière victoire contre les Spurs...

Philippe Berry, à Los Angeles

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Jeudi 29 mai, les Lakers se qualifient pour la finale du championnat de NBA en battant les Spurs de Tony Parker.
Jeudi 29 mai, les Lakers se qualifient pour la finale du championnat de NBA en battant les Spurs de Tony Parker. — Reuters
«MVP, MVP, MVP !». Il ne reste que quelques secondes à jouer, et la foule du Staples Center chante la gloire de Kobe Bryant, qui vient de réussir jump-shot d’extraterrestre de plus. Cette fois-ci, c’est plié. Les Spurs ne reviendront pas et s’inclinent 92-100 dans cette 5e et donc dernière manche de la finale de la conférence Ouest de la NBA. Les Lakers défieront Boston ou Détroit pour tenter de décrocher un 15e titre, six ans après leur dernier sacre.

Retrouvez l'interview de Ronny Ruriaf à la fin de la rencontre

Malgré ses 23 points, Tony Parker devra donc aller se consoler dans les bras d’Eva Longoria. Usés, fatigués, vieillissants, avec un Ginobili qui n’a jamais trouvé le rythme et Tim Duncan chahuté par l’espagnol Gasol au rebond, les Spurs –qui ont compté jusqu’à 17 points d’avance– n’ont pu contenir la marée jaune. Bruce «scissorshands» Bowen, pourtant considéré comme l’un des défenseurs les plus rugueux de la NBA, n’a rien pu faire. Kobe Bryant (37 points ce soir) était trop fort.

Ca, c’était pour le sport. Mais la NBA, c’est aussi du divertissement. Suivez le guide.

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A l’extérieur du Staples Center

C’est pas en rouge et noir mais en jaune et violet. Un paquet de supporteurs ont sorti leurs maillots, mais on trouve aussi des gens en costars, des décolletés jusqu’au nombril, des tatouages et des seins siliconés en veux-tu en voilà. En fait, Nip/Tuck n’exagère rien. Welcome to LA.

Une statue de Magic Johnson immortalisé en plein vol salue le visiteur. A ses pieds, Maseo, 5 ans et demi, est déjà incollable et redoute le «big three» des Spurs (Duncan/Ginobili/Parker). Son père n’a pas hésité à débourser 800 dollars pour l’événement. «Celle qui fait la gueule», plaisante-t-il, c’est «ma femme, restée à la maison».

Un peu plus loin, un allumé harangue la foule à coup de citations bibliques. En gros, il dit que «le sport c’est bien, mais Jésus, c’est mieux». Quelqu’un lui répond que Jésus est vivant et qu’il s’appelle Kobe.

Dans les gradins

Inauguré en 1999, le Staples Center, ressemble à une sorte de Bercy XXL, avec une capacité de 19.000 places pour le basket. Evidemment, il n’y en a plus une de libre. Et c’était pourtant pas donné: entre 300 et 5.000 dollars.

A la différence des sports en plein air, où le bruit se dissipe, là, on est dans un vrai chaudron. Quand la foule scande «de-fense, de-fense, de-fense» sur chaque possession des Spurs, ca résonne, ça vibre et ça tremble.

Les VIP sont bien entendus là. Jack Nicholson, comme toujours, sur sa chaise, mais aussi Tobey McGuire, Cameron Diaz, Antonio Banderas, P.Diddy, Dr Dre ou encore Denzel Washington.

Les interludes

Save the cheerleader, save the word. A chaque temps mort ou presque, les Lakers Girls envahissent le parquet. Y a pas, les pom-pom girls du Stade français ont encore des choses à apprendre de leurs homologues californiennes.

A la mi-temps, une équilibriste/contorsionniste un peu barrée s’amuse avec un arc. Mais où est le concours de dunks!? En revanche, on a eu droit au fameux moment «Kiss me» (embrasse moi). Avec la chanson de SixPence none the richer (1) en fond sonore, la caméra se balade dans la salle. Dès qu’elle s’arrête, hop, zoom et deux spectateurs se trouvent affichés sur les écrans géants. Il y a des bisous timides mais aussi des gros patins. Seules deux spectatrices, gênées –puis huées– refuseront de se prêter à la tradition.

Hué aussi, le malheureux spectateur qui a tenté de remporter les 275.000 $ en tirant du milieu du terrain puis de la ligne des 3 points. Deux tentatives pour deux lamentables air ball.

Le vestiaire

Si les Spurs tirent la gueule et que Tony Parker n’a pas envie de parler aux journalistes, les Lakers font la fête. Enfin ça reste raisonnable et loin de l’ambiance des vestiaires du foot ou du rugby: pas de chaussettes qui volent ni de plongeon dans le jacuzzi. On est plutôt dans la pub ambulante pour des costars. Le frenchy des Lakers, Ronny Turiaf répond à quelques questions sérieuses. Et aussi à d’autres. «Qui est le plus gros chopeur de l’équipe?». Il réfléchit un instant. «Sasha !» (Vujacic). A la sortie, trois filles, dont un clone de Kim Kardashian, attendent patiemment…

(1) merci à Louis-Marie pour son aide musicale