Jeanpierre, à la poursuite de son rêve

Romain Scotto

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Le joueur de tennis français, Julien Jeanpierre, sur le central de Roland Garros, le 19 mai 2008.
Le joueur de tennis français, Julien Jeanpierre, sur le central de Roland Garros, le 19 mai 2008. — S. ORTOLA/20MINUTES

Julien Jeanpierre, le plus coriace adversaire de Roger Federer? La bonne blague. Qui pourrait croire que l’actuel 470e joueur mondial fut un temps le dauphin du Maître? Il y a pourtant dix ans, le joueur du TC Paris remportait l’Open d’Australie junior et terminait l’année à la deuxième place du classement mondial, devant Nalbandian, Gonzales et Coria.

«Avec Federer, on discute de temps en temps»


Il est l’un des seize Français engagés mardi dans le tournoi de qualifications de Roland Garros. «Je sais que j’aurais pu suivre le parcours de tous ces joueurs. En fait, je n’y pense pas vraiment. Federer, je le connais depuis cette époque. Quand on avait vingt ans, je l’avais battu, juste avant Melbourne. Maintenant, on discute de temps en temps quand on se croise dans les vestiaires.»

En dix ans, Julien Jeanpierre (aucun lien de parenté avec Christian…), n’a disputé qu’une poignée de matchs sur le circuit ATP. Même lorsqu’il pointait à 133e place, son meilleur classement, le Vosgien n’a jamais été en mesure d’intégrer directement les tableaux des grands tournois. Lorsque ses anciens adversaires s’affrontent tout au long de l’année en Grand Chelem, lui ferraille sur les tournois mineurs des circuits Challenger et Future.

Freiné par une blessure

A 28 ans, le 37e joueur français est passé à côté d’une très belle carrière. Sans cette fracture de la cheville subie en Espagne, «Djamp» se frotterait peut-être aujourd’hui aux meilleurs joueurs mondiaux. «Je venais juste de passer senior et les médecins espagnols n’ont pas vu la gravité de la blessure. Du coup, je l’ai soignée comme une entorse et j’ai mis un an et demi pour m’en remettre. Et jusqu’en 2006, j’étais obligé de m’arrêter trois, quatre mois par an, à cause des douleurs.»

Dans ces conditions, inutile d’espérer intégrer le tableau final de Roland. Même pour jouer les qualifications, Julien Jeanpierre a bénéficié d’une wild-card. S’il bat mardi l’Américain Armando et enchaîne les victoires jusqu’à forcer les portes du tableau final, il empochera un chèque supérieur à ses gains en tournoi depuis le début de l’année. Il pourrait alors espérer faire aussi bien qu’en 2004 lorsqu’il avait perdu au 3e tour face à Llodra. Et avec un tirage «chanceux», offrir sa revanche à Roger Federer.