La rage de vaincre de Justine Henin

TENNIS Depuis 2003, la Belge fracasse l'adversité...

M.Go.

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Les favoris, à l'image du Suisse Roger Federer (N.1), ont réussi leur entrée dans le tournoi de tennis d'Indian Wells, comptant pour les circuits masculin ATP et féminin WTA, dimanche.
Les favoris, à l'image du Suisse Roger Federer (N.1), ont réussi leur entrée dans le tournoi de tennis d'Indian Wells, comptant pour les circuits masculin ATP et féminin WTA, dimanche. — Matthew Stockman AFP/Getty Images
Usée par le pouvoir, la reine Justine a fini par déposer sa couronne à dix jours de Roland-Garros, son tournoi fétiche. Elle ne défendra donc pas son titre sur la terre parisienne, abandonné par son moral, l'arme qui lui a pourtant permis de se bâtir, à la force du poignet, une carrière sublime en matant les surpuissantes soeurs Williams avant de museler les géantes joueuses russes.

La Belgique règne sur le tennis


En 1999, dès son premier tournoi pro à 17 ans, Justine Henin affirme son style de puncheuse en remportant la finale, devenant ainsi la cinquième joueuse de l'histoire du tennis moderne à s'imposer lors de sa première participation à un tournoi pro. Le mental de gagneuse est déjà bien en place. Quelques années auparavant, le public français avait d’ailleurs pu découvrir la jeune Belge lors du tournoi du Stade français en 1996. Séquence nostalgie:



Justine Henin au Stade Français en 1996
envoyé par sf-wctt


Son ascension est par la suite fulgurante avec comme première pierre à l'édifice une année 2003 magnifique où elle impose son tennis au monde entier. En mai, elle remporte d’abord son premier tournoi du Grand Chelem à Roland-Garros face à sa grande rivale et compatriote Kim Clijsters qu’elle bat à nouveau en finale de l’US Open et supplante à la place de numéro 1 mondiale à la fin de l’année. La Belgique se passionne pour leur rivalité. Sur sa lancée, Justine Henin remporte cinq autres titres du Grand Chelem dont 3 Roland-Garros (où elle est invaincue depuis 2003) un Open d’Australie et un US open sans compter ses 41 titres en tournoi. L'année 2007 reste son chef d'oeuvre. En 12 mois, elle réédite le doublé Roland-Garros-US Open et remporte 10 tournois ainsi que les JO. A l'annonce de sa retraite, mercredi, cela faisait 117 semaines qu'elle régnait sur le classement WTA.

Ovni dans la planète du tennis féminin contemporain qui fait la part belle à la puissance, Justine Henin a su s’imposer grâce à l’un des jeux les plus complets du circuit. Notamment en s’appuyant sur une arme fatale: son revers, l’un des plus beaux de l’histoire du tennis féminin:




Illustration de son jeu au Masters, sa dernière grande victoire:


Après avoir perdu sa mère à 15 ans et s'être fachée avec son père et ses deux frères à l'adolescence , la Belge, contrairement à de nombreuses jeunes joueuses, était très peu entourée sur le circuit. Sur le bord du terrain, son fidèle entraîneur Carlos Rodriguez a toujours accompagné ses exploits. La joueuse avait toujours un regard pour lui après chaque point important ainsi que pour son ex-mari, Pierre-Yves Hardenne.

Epanouissement

Contrairement à son image de grande professionnelle parfois austère, Justine Henin savait aussi s’amuser. Ici un match d’exhibition en compagnie de Goran Ivanisevic face à André Agassi et son idole Steffi Graf:




La femme et la joueuse semblaient en plein épanouissement depuis l’année dernière, date à laquelle elle avait renoué avec son père après avoir divorcé d'avec son mari. Son début d'année 2007 était maussade mais pas non plus catastrophique. C'était sans compter sur la baisse de motivation de la Belge. A la surprise générale, ellle a donc décidé, mercredi, de raccrocher pour se consacrer à son académie de tennis en Belgique. Pas sûr que cela console le plat pays qui a déjà perdu une ancienne numéro 1 mondiale, Kim Clijsters, il y a moins d'un an...