Patrice Dominguez: « Il faut bouffer de la terre»

Matthieu Goar

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Le joueur de tennis Richard Gasquet retourne un service du Belge Kristof Vliegen lors du deuxième tour du tournoi de Monte-Carlo
Le joueur de tennis Richard Gasquet retourne un service du Belge Kristof Vliegen lors du deuxième tour du tournoi de Monte-Carlo — no credit

Entre une Coupe Davis ratée et des premiers résultats sur terre battue catastrophiques, les tennismen français ne brillent pas en ce moment. A moins de quatre semaines de Roland-Garros, Patrice Dominguez, le directeur technique national, détaille ce qu’il leur reste à faire.

Comment prépare-t-on Roland Garros?
Il faut «bouffer» de la terre en compétition. Les meilleurs vont maintenant enchaîner sur les Masters series de Munich, Rome et Hambourg. Ils doivent jouer pour retrouver leur sensation sur des courts découverts, avec du vent, du soleil. C’est un élément important de la préparation à Roland-Garros. La dernière semaine avant les Internationaux, ils viennent s’entraîner in situ sur les courts de Roland et travaillent la vitesse, la précision.

Cinq semaines de terre battue, est-ce vraiment suffisant pour se réhabituer à cette surface?
Non. Le circuit américain est de plus en plus long. Ensuite, s’il y a la coupe Davis, les joueurs disposent seulement de cinq semaines de compétition sur terre. Ce serait bien qu’ils disposent de 1 à 2 semaines de plus, mais les obligations du circuit ATP sont ce qu’elles sont.

Y a-t-il un problème mental chez les joueurs français à l’approche de ce tournoi très important dans leur saison?
Je ne pense pas. Les Internationaux de France sont pour chacun d’eux l’objectif numéro 1 depuis longtemps. Mais ça ne les bloque pas. C’est la vie d’un sportif pro d’avoir toujours devant soi des objectifs de haut niveau. Quand ils arrivent à Paris, ils sont dans une ambiance très positive au sein des infrastructures de Roland. Le problème est autre. Nos joueurs sont meilleurs sur les surfaces intermédiaires, voire rapides. A la fédération, nous insistons encore plus maintenant sur la formation des très jeunes joueurs à la terre battue. Nous devons les habituer plus tôt et plus fréquemment à cette surface.

Espérez-vous de bonnes performances des Français?
Je suis sûr que Tsonga peut faire quelque chose s’il revient en forme. Je sais qu’il s’est mis à taper sur terre il y a quatre ou cinq jours. Sinon, pourquoi pas Gasquet?