Francis Luyce: «Les athlètes nageront dans de l’eau bénite»

Propos recueillis par Romain Scotto

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"Il lui a été dit que le projet organisé autour d'elle ne pouvait pas souffrir de remise en cause régulière parce qu'on n'a plus de temps à perdre pour les jeux Olympiques, qu'il fallait s'y tenir de manière précise", a indiqué le directeur technique national (DTN), Claude Fauquet.
"Il lui a été dit que le projet organisé autour d'elle ne pouvait pas souffrir de remise en cause régulière parce qu'on n'a plus de temps à perdre pour les jeux Olympiques, qu'il fallait s'y tenir de manière précise", a indiqué le directeur technique national (DTN), Claude Fauquet. — Pierre Verdy AFP/Archives
Dans la piscine de Dunkerque, où se déroulent à partir de dimanche les championnats de France de natation, toutes les combinaisons seront autorisées. La compétition faisant office de sélection olympique, certains nageurs, à l’image de Laure Manaudou, dénoncent un manque d’équité. Francis Luyce, le président de la fédération française de natation, s’en étonne sur 20minutes.fr.

Pourquoi ne pas avoir interdit la combinaison Speedo, comme l’ont fait les fédérations canadienne et italienne?
Tout simplement parce que je me range derrière l’avis de la fédération internationale qui l’a acceptée. J’ai conseillé à la présidente de la fédération allemande de l’autoriser et apparemment elle l’a fait. Je ne suis pas plus royaliste que la fédération internationale. Je respecte son engagement et je ne vois pas en quoi je peux interdire cette combinaison. Ou n’importe quelle autre d’ailleurs.

Parce que certains nageurs dénoncent un manque d’équité…
Ah bon? Je ne crois pas. L’équité est préservée parce que les nageurs nagent avec les combinaisons qu’ils veulent. La combinaison est considérée comme un équipement technique. Cela signifie que les nageurs enfilent celle de leur choix. Lors des compétitions, les équipementiers mettent à dispositions des combinaisons. A chacun de s’équiper comme il le souhaite.

Certains nageurs sont pourtant prisonniers de leurs contrats…
Mais ce n’est pas notre problème. Si certains ont fait des choix, qu’ils les assument. Et puis j’ai déjà entendu des nageurs jurer fidélité à leur équipementier et nager sous une autre marque quelques jours plus tard. Il n’est pas impossible que certains changent de combinaison la semaine prochaine. Comme on dit en anglais «Wait and see».

Vous ne craignez donc pas que la sélection pour les Jeux soit faussée?
Mais pas du tout. Les règles sont bien claires. Pour aller à Pékin, il faut passer par Dunkerque et réaliser les minima. Là-dessus, la fédération a toujours adopté la même ligne de conduite. On espère entre 25 et 30 qualifiés pour les Jeux. Et à Dunkerque, la seule préoccupation de la fédération est de faire en sorte que les nageurs soient dans les meilleures conditions pour s’y préparer.

C’est à dire?
On a d’abord tout fait pour que les nageurs aient l’impression d’être à Pékin. La piscine a été décorée par un designer. Il a monté un décor chinois, assez original. Et puis les athlètes nageront dans de l’eau bénite. Car, ça peut paraître fou, mais la piscine de Dunkerque est alimentée par l’eau d’une petite chapelle. Si des records doivent être battus, vous saurez pourquoi…