Le gaz carbonique de la flamme olympique

SLATE Sur le long terme, ce flambeau pourrait générer plus de pollution que de dissidence politique....

Chadwick Matlin. Traduction 20Minutes

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Le relais de la flamme olympique 2008
n’aura pas déclenché les chaleureux élans de coopération internationale des éditions précédentes. Des activistes pro-Tibet ont organisé des manifestations de protestation à Paris et à Londres; ils ont même réussi à faire éteindre la flamme à quelques occasions. Mais sur le long terme, ce flambeau pourrait générer plus de pollution que de dissidence politique. Son périple à travers le monde (et la route retour) laissera une trace historique en termes d’émissions de dioxyde de carbone.

Supposons que les manifestations
ne poussent pas le Comité international olympique à mettre un terme au relais – il dit que ça n’arrivera pas: selon nos calculs, la torche va parcourir plus de 80.000 km, dans 20 pays (presque 140.000 km si on inclut sa tournée de 31 villes chinoises). Comme le relate le magazine Wired, la flamme a son propre avion privé, et ses 80000 km de voyage nécessiteront plus d’un million de litres de carburant. (L’avion de la torche consomme 12 litres de carburant par kilomètre parcouru.) Pour chaque litre de carburant consommé, c’est 2,9 kilos de CO2 injectés dans l’air. Rien que le transport aérien de la flamme va donc offrir généreusement à l’environnement 2,9 millions de kilos de CO2. L’équivalent, en poids, de plus d’un millier d’Hummer H-2.

Pour suivre cette lente attaque de la flamme sur l’atmosphère,
nous avons créé une carte qui indique ses émissions de carbone pendant son voyage. Nous actualiserons régulièrement cette carte dans les semaines qui viennent, alors que la torche effectuera son trajet retour vers la Chine. Cliquez sur les traits rouges entre les étapes pour découvrir l’impact de chaque morceau de chemin sur l’environnement et cliquez sur les torches pour voir les vidéos des relais.

Pour mettre tout cela en perspective, il faut savoir que l’empreinte carbone annuelle de l’Américain moyen est comprise entre 19000 et 20000 kilos d’émissions de CO2, selon les Nations unies. Au final, la torche olympique va rejeter autant de gaz à effet de serre pendant son voyage international que 153 Américains en un an. En d’autres termes, le relais de quatre mois dégagera deux fois plus de carbone dans l’atmosphère que vous ne le ferez dans votre vie entière.

Des chiffres encore plus déments
si vous comparez la torche avec la moyenne chinoise. Le voyage de 80000 km aura une empreinte carbone annuelle équivalente à celle de 624 citoyens chinois. Et la Chine prétend offrir des JO verts

Les calculs ci-dessus
n’incluent pas les émissions de carbone de la torche elle-même – ni la lanterne qui garde la flamme olympique officielle allumée 24h/24, 7 jours sur 7. La torche, ou plutôt les 10.000 ou 15.000 torches, sont alimentées avec du propane – encore 1 kilo et demi de CO2 par litre consommé ! Mais impossible de calculer l’empreinte carbone du flambeau alors qu’il est baladé par nos héros olympiques, parce que ni la société qui a fabriqué ces torches, ni le Comité olympique de Pékin n’a voulu dire combien de propane elles consomment par heure.

Posté le vendredi 11 avril sur Slate