Bixente Lizarazu: «C'est aux hommes politiques d'influencer la Chine, pas aux sportifs»

INTERVIEW Le champion du monde va commenter l'Euro à la radio et prépare une émission télé sur les JO...

Propos recueillis par Nicolas Barriquand

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Double actu pour Bixente Lizarazu. Le champion du monde vient d’endosser les couleurs de RTL pour commenter l’Euro 2008, et il prépare pour Canal + une émission sur les Jeux olympiques de Pékin.

Vous serez à Pékin pendant les Jeux olympiques. Avez-vous envisagé de tout annuler pour dénoncer les atteintes aux Droits de l’homme en Chine?
On se doit d’avoir conscience de la situation du pays, mais chacun son travail. C’est aux hommes politiques d’user de leur influence pour faire évoluer la Chine. Je trouve dérangeant qu’on prenne les sportifs en otage. On n’aurait jamais dû donner les Jeux olympiques à Pékin en espérant que le régime respecte les Droits de l’homme, mais en l’obligeant. De mon côté, pour Canal+, j’aurai une émission, «les JO de Liza», dans laquelle j’aborderai différent sports. Mais si je suis sans cesse sous surveillance policière, si ma liberté de mouvement est réduite, je ne me priverai pas de parler de tout ce que je vois autour de la compétition.  

Désormais, vous travaillez aussi pour RTL. Télé, radio, vous complétez votre panoplie d’homme de médias?
Les deux sont complémentaires. Et puis ce n’est pas la première fois que je fais de la radio. Quand je jouais à Bordeaux, j’animais sur une station locale une émission hebdomadaire qui s’appelait «Carte blanche». On parlait sports, politique, œnologie. J’avais adoré cette expérience et je retrouve avec grand bonheur la radio. Pour l’Euro, je réserverai mes analyses à la mi-temps ou après le match, pour ne pas interférer dans la narration du jeu, beaucoup plus importante à la radio qu’à la télé.

Vous avez déjà commenté un match de l’équipe de France pour RTL, celui face à l’Angleterre le 26 mars. Comment avez-vous vécu l’exercice?
Avec beaucoup d’émotion. C’était la première fois que je retrouvais le Stade de France pour du football. J’y étais seulement retourné pour un concert de U2 et un match de rugby. Revenir dans ce lieu pour du foot, c’était jusqu’à présent trop douloureux pour moi.

A cause de l’envie de retourner sur le terrain?
Quand j’ai commencé comme consultant football, j’étais effectivement un peu schizophrène. Je me disais que quelques mois avant, c’était moi qui courais après le ballon. Mais ça fait maintenant deux ans que j’ai arrêté, les émotions ne sont plus les mêmes. Mon costume de joueur est rangé dans un casier. Je suis définitivement passé à un nouveau job.