Les dix plus beaux Paris-Roubaix

CYCLISME La sélection ultime de notre spécialiste...

Antoine Maes

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Le peloton s'attaque au mythe des pavés dimanche dans Paris-Roubaix, la "reine des classiques" de 259 kilomètres qui compte maints prétendants derrière son vainqueur sortant, le Suisse Fabian Cancellara.
Le peloton s'attaque au mythe des pavés dimanche dans Paris-Roubaix, la "reine des classiques" de 259 kilomètres qui compte maints prétendants derrière son vainqueur sortant, le Suisse Fabian Cancellara. — Frank Fife AFP/Archives
Des Paris-Roubaix, il y en a eu beaucoup. 105, pour être précis. Notre spécialiste des pavés a fait sa sélection très subjective des dix plus belles courses.

2005, la plus récente
La Belgique tient un nouveau roi des classiques. Il s’appelle Tom Boonen, et à tout juste 25 ans réalise un doublé rare, en gagnant le Tour des Flandres puis Paris-Roubaix. La 103e édition est aussi très spéciale, puisqu’elle n’emprunte pas la Tranchée d’Arenberg, jugée en trop mauvais état. Ça n’empêche pas le coureur de la Quick Step de régler Juan-Antonio Flecha et George Hincapie au sprint sur la ligne d’arrivée du Vélodrome. Depuis, l’enfant de Mol est devenu champion du monde, a remporté le classement par points du Tour de France, mais n’a jamais retrouvé la plénitude sur les pavés.


1996, la plus collective
La Mapei signe un triplé retentissant en plaçant trois de ses coureurs sur le podium. Dans les faits, c’est Johan Museeuw, le lion des Flandres, qui passe la ligne en premier, devant deux Italiens, Bortolami et Tafi. Dans la forme, il n’y a pas eu de suspens, puisque ces trois coéquipiers ont refusé de se livrer un sprint. Deux ans plus tard, Patrick Lefevere, le directeur sportif de la formation belge, allait asseoir sa réputation de mage des pavés. Encore un triplé, bien plus disputé cette fois, avec Ballerini, Tafi, et Peeters. Deux Italiens devant un Belge, cette fois.


1993, la plus vieille
On est vache, mais le plus vieux vainqueur de l’Enfer du Nord est un Français. A 38 ans et huit mois, Gilbert Duclos-Lasalle enlève son 2e Paris-Roubaix d’affilée. Un record de vieillesse qui a bien failli ne jamais exister. «Duclos» a en effet dû attendre la photo finish pour confirmer sa victoire d’un demi boyau sur Franco Ballerini.

1990, la plus serrée
Pour un millimètre (soit un millième de seconde), le Canada a bien failli avoir son premier vainqueur. Mais Steve Bauer est battu par le Belge Eddy Planckaert. Le Flahute a poursuivi une belle carrière (10 étapes sur la Vuelta, deux sur le Tour de France). Steve Bauer, lui, n’a plus jamais existé sportivement après cette défaite. Il a mieux réussi dans les affaires, en fondant sa propre agence de voyages, la «Steve Bauer Tours». Un billet pour Roubaix, s’il vous plaît.


1981, la plus attendue
Le Blaireau n’aime pas les pavés, mais il les mate quand même. Champion du monde quelques mois plus tôt, Bernard Hinault dompte l’Enfer, vingt-cinq ans après Louison Bobet, alors le dernier vainqueur français. Cerise sur le pavé, le quintuple vainqueur du Tour de France bat Roger «le Gitan» De Vlaeminck, recordman des victoires avec quatre succès. Mais le Blaireau était rarement content, et à l’arrivée, il n’a pas pu s’empêcher de clamer: «Cette course est une connerie.»


1970, la plus large
Eddy Merckx justifie encore son surnom. Le Cannibale met 5 minutes dans le nez de Roger de Vlaeminck. On n’est d’ailleurs pas très sympa avec ce dernier, recordman de l’épreuve, dont on ne cite pas une seule des victoires. 1970, année faste pour Merckx, qui mangera aussi la Grande Boucle.

1968, la plus belle première
Pour la première fois, la Tranchée d’Arenberg est au programme. A secteur royal, vainqueur mythique. Eddy Merckx s’adjuge son premier succès à Roubaix. A la fin, dans les douches, le Belge sera le seul coureur à aller remercier le Français Jean Stablinski, découvreur d’Arenberg. Les autres l’insultent copieusement devant la difficulté que représentera pour les quarante années qui suivront «La Drève des Boules d’Hérin».

1950, la plus inattendue
On attend les Flamands, c’est un Italien qui gagne. Loin d’être un spécialiste des classiques flandriennes (il n’a jamais gagné le Tour des Flandres), Fausto Coppi balaie la concurrence. Et à sa manière, en plus, en partant de tellement loin que personne ne le voit venir. A l’arrivée, son dauphin, le Français Maurice Diot eut une phrase qui est restée comme le plus beau compliment qu’ait jamais reçu le «Campionissimo». «Aujourd’hui, j’ai gagné Paris-Roubaix. Coppi était hors-concours.»

1949, la plus rocambolesque
C’est une arrivée que seule Paris-Roubaix est capable de délivrer. Parce que l’édition 1949 a deux lauréats…qui ne sont pas arrivés ensemble! En tête, le Français André Mahé doit en toute logique franchir la ligne d’arrivée en premier. Mal conseillé, il se trompe de chemin, et rentre dans le Vélodrome par la mauvaise entrée. Entre-temps, son poursuivant, Serse Coppi, frère cadet de Fausto, a eu le temps de franchir la ligne. Fair-play, la direction de course leur décerne un trophée chacun.