Les Bleus orphelins mais ambitieux

Romain Scotto

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Deux médailles d'argent et une de bronze auraient pu satisfaire la France, pourtant il y a comme un léger goût d'inachevé après la première journée des Championnats d'Europe 2006 de judo, vendredi à Tampere.
Deux médailles d'argent et une de bronze auraient pu satisfaire la France, pourtant il y a comme un léger goût d'inachevé après la première journée des Championnats d'Europe 2006 de judo, vendredi à Tampere. — Marja Airio AFP/Lehtikuva

Il y a une vie sans Teddy Riner. Lors des championnats d’Europe de judo qui débutent vendredi au Portugal, à Lisbonne, l’équipe de France aura l’occasion de prouver qu’elle ne se résume pas à la charpente et aux médailles de sa figure de proue. Pour cet ultime rendez-vous international avant les Jeux, le staff tricolore a choisi de ne pas aligner le colosse français. «C’est stratégique, note Jean-Luc Rougé, le président de la fédération. Depuis quelque temps, Teddy est très observé et à quelques mois des JO, on ne tient pas à l’exposer.»
 
Assurer les quotas
 
Pour les quatorze autres judokas de l’équipe de France, l’objectif prioritaire sera de qualifier toutes les catégories pour les Jeux. A ce jour, seuls les moins de 73kg masculins sont en ballottage défavorable au bilan mondial. Pour Daniel Fernandes, les calculs sont simples. Seule une place en finale dimanche lui assurerait un visa olympique. «Pour lui, c’est un vrai challenge, poursuit Rougé. Il est actuellement au-delà de la dixième place européenne. Il faut qu’il entre dans les 9 premiers. Il en est capable, mais comme il a un judo à risques, on peut s’attendre à tout.»
 
Possamaï plutôt que Lebrun
 
Une semaine avant l’annonce de la liste des athlètes retenus pour les Jeux, ce rendez-vous européen sera déterminant dans les catégories où la hiérarchie n’est pas clairement établie. Chez les moins de 78kg féminines, le résultat de Stéphanie Possamaï, championne d’Europe en titre, pourrait sceller le sort de Céline Lebrun dans la course au ticket olympique. Même cas de figure chez les garçons, en moins de 66kg où Benjamin Darbelet a été laissé au repos au profit du jeune Sébastien Berthelot.
 
Un tremplin vers Pékin
 
L’année dernière, à la même époque, la France avait glané neuf médailles dont cinq d’or aux championnats d’Europe de Belgrade, avant de décrocher huit médailles et deux titres aux mondiaux de Rio. «Cette année, nous voulons juste assurer toutes nos places aux Jeux, indique Rougé. Et cela passe forcément par des podiums.» A quatre mois des Jeux, cette escale portugaise a tout d’une rampe de lancement idéale.