PSG-Dijon: Etait-ce bien malin de siffler Neymar pour ne pas avoir laissé le penalty à Cavani?

FOOTBALL Le Brésilien n’a pas laissé son coéquipier battre le record d’Ibrahimovic alors que c’était l’occasion rêvée...

Julien Laloye

— 

Neymar et Cavani, penaltygate épisode 2.
Neymar et Cavani, penaltygate épisode 2. — CHRISTOPHE SIMON / AFP

Au Parc des Princes,

Ce qui est bien avec le PSG ? Même les soirs de branlée, on peut en dire du mal. Venons-en de suite à ce qui nous intéresse, aux alentours de la 80e minute. Cela fait longtemps qu’on a arrêté de compter les buts, pour ce que ça change, quand Cavani s’écroule dans la surface. Penalty justifié et soupirs de satisfactions en tribunes. L’Uruguayen va pouvoir renvoyer Ibra au Musée de l’Homme. Le 157e but de sa carrière parisienne, est là, tout proche… quand Neymar se saisit du ballon pour aller claquer son quadruplé. Vociférations indignées chez les suiveurs, sifflets nourris en tribune.

>> A lire aussi : Le PSG fait de la pâte à modeler des pauvres Dijonnais (8-0)

La suite ? Neymar qui marque mais Neymar qui fait la gueule alors qu’il vient de signer une perf mammouthesque. On voit d’ici les érections en série dans les rédactions madrilènes quand le Brésilien file aux vestiaires le regard noir à la fin sans aller saluer ses supporters. Avec un peu de recul, c’est toujours la même chanson : il y a un monde entre les attentes des supporters et l’agenda de Neymar.

Le type a lâché le Barça parce qu’il en avait ras les cacahuètes de servir les plats à Messi, et on attend de lui qu’il fasse preuve de grandeur d’âme gratos pour Cavani ? Si ça se trouve, Neymar n’est même pas au courant que son équipier chasse le record d’Ibra, et même s’il l’était ça change quoi ? Doit-il se sentir concerné par les stats du voisin quand le gars a été débauché en grande partie sur la promesse de pouvoir faire ce qu’il veut au PSG ?

Neymar a respecté les consignes

Sauf erreur de notre part, on n’a jamais vu Ronaldo offrir un penalty à qui que ce soit pour les caméras, et Neymar est venu pour gagner un Ballon d’Or. Dans cette perspective, un penalty, même à 7-0 ça se prend. Les siffleurs pensent qu’il manque de classe ? Le type est exemplaire sur le terrain, il s’y colle jusqu’au bout contre Dijon un soir frisquet de janvier et on ne peut pas l’accuser de jouer uniquement pour sa pomme tout le temps. La dernière passe décisive pour Mbappé, personne ne l’a obligé. Unai Emery, d’habitude si précautionneux dans ses déclarations, n’a pour une fois pas hésité à calmer les critiques

« Je crois qu’un joueur comme Alves, Kylian (Mbappé) ou Neymar donnent de l’excellence à l’équipe. Nous avons beaucoup de grands joueurs, notre leader sur le terrain c’est Neymar (…) Je crois que l’équipe est meilleure avec lui. L’équipe a fait un grand effort pour avoir des joueurs importants comme lui. »

Pour ceux qui ont besoin de sous-titres, Neymar c’est le patron. Et entre nous, on a connu mieux que des sifflets pour retenir le deuxième ou troisième meilleur joueur du monde de faire la grève de la faim pour rejoindre le Real cet été. Sur le principe, évidemment qu’il aurait dû laisser Cavani y aller. Mais c’était son tour, selon les règles fixées après le fameux penaltygate du début de saison contre Lyon, et personne dans le vestiaire parisien ne va l’en blâmer. Meunier a résumé tout ça parfaitement, comme d’habitude.

« Edi, ce n’est pas n’importe qui. Il est là depuis quelques années, il a toujours été très correct envers les supporters, il a une aura, mais c’était à Neymar de tirer, il a pris ses responsabilités, si c’est pour une question de record, ce sera la semaine prochaine. Quand tu mets quatre buts et que tu fais deux passes décisives, te faire siffler, c’est un peu ingrat de la part de supporters même s’ils ont le droit de manifester leur mécontentement. C’est un but pour l’équipe avant tout ».

On entend les critiqueurs d’ici. « L’institution est au-dessus des joueurs, l’intérêt du club passe avant Neymar, gnagnagna ». Sans doute les mêmes, au passage, qui réclamaient la pendaison de Cavani pour un retour de vacances un peu trop poussif. Pour info, les grands joueurs font ce qu’ils veulent de partout. Demandez au Barça, qui verse la moitié du PIB de l’Amérique pour continuer à profiter du génie de Messi, ou au Real, forcé d’augmenter Ronaldo tous les quatre matins pour s’épargner les crises de jalousie du Portugais. Alors à moins de mettre la main sur un type capable de s’envoyer six Dijonnais dans la même action comme sur le sixième but, on fait avec.