Pourquoi personne ne s'intéresse aux Mondiaux en salle

ATHLETISME Les stars boudent...

Alexandre Pedro (et P.K.)

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Les championnats mondiaux d'athlétisme se déroulent à Valence de vendredi à dimanche.
Les championnats mondiaux d'athlétisme se déroulent à Valence de vendredi à dimanche. — Pierre-Philippe Marcou AFP
Les Mondiaux d'Athlétisme en salle, organisés de vendredi à dimanche à Valence, auraient dû être un temps fort de la saison d'athlétisme. Pourtant, les stars ne sont pas là et les Français n'ont aucune chance de briller. Les raisons d'un échec.

Quelle est la particularité de l’athlétisme en salle?
Moins vite, mois haut, moins fort, cela pourrait être un bon résumé de l'athlétisme en salle. La piste est plus courte, avec moins de couloirs, et les virages sont inclinés. Les épreuves sont aussi plus courtes: pas de 200 ou de 100m, l'épreuve reine est le 60m. Les records sont généralement moins élevés qu'en extérieur. Toutes les nations ne sont pas non plus égales devant la salle. «Certains pays comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et les pays scandinaves sont mieux représentés en salle qu'en plein air, car les athlètes sont plus habitués à s'entraîner en salle», explique un ancien athlète, cadre à la fédération française d'athlétisme.

Quelles sont les chances françaises?
Il ne faut pas se le cacher, elles oscillent entre inexistantes et très faibles. L’équipe de France voyage léger avec à peine 12 athlètes. Parmi eux, beaucoup de jeunes et un revenant, le sauteur Salim Sdiri, déjà éliminé vendredi matin. La DTN espère juste éviter le zéro pointé des derniers mondiaux à Moscou en 2006.
Le hic, c’est que les médaillés en puissance ne se bousculent pas. Pas un Français ou Française n’est mieux classé que sixième au bilan de la saison en salle. Pire encore, la triple sauteuse Teresa Nzola, présentée comme la meilleure chance tricolore, est sortie de son concours dès les qualifications vendredi matin. Les performances du perchiste Jérôme Clavier et de la sauteuse en longueur Éloyse Lesueur entretiennent un mince espoir de médaille.

Pourquoi les stars tricolores ne sont pas du voyage à Valence?

Les cadres de l’athlétisme français n’ont jamais fait de ces mondiaux un objectif. Pékin occupe bien trop les têtes. Medhi Baala et Romain Mesnil se sont dispensés du voyage. Ladji Doucuré et Eunice Barber n’ont jamais pu commencer leur saison hivernale en raison de blessures récurrentes. Seule Christine Arron faisait de ces Mondiaux un objectif, mais elle a dû renoncer au dernier moment, à cause d'une micro-lésion en haut de la cuisse droite. L’athlétisme français semble encore parti pour vivre l’avant-JO au rythme du carnet de santé de ses stars.

Quelles sont les épreuves à suivre?
Pas de match possible, le 60m haies chez les hommes écrase la concurrence. Le très prometteur cubain Dayron Robles y défiera le maître de la discipline, le Chinois Lui Xiang. Autre attraction, la Croate Blanka Vlasic pourrait chatouiller le record du monde indoor, après ses récent 2m05. Sur le 60m homme, Gay et Powell absents, tous les regards se porteront sur le Britannique Dwain Chambers, de retour après une suspension de deux ans pour dopage et un passage raté par le foot américain.

Alors, c’est déjà Pékin?
Interrogée après son échec en qualification, Teresa Nzola n’était pas plus déçue que ça: «De toute façon, mon objectif principal ce sont les Jeux Olympiques.» Pour les athlètes présents, ces mondiaux servent surtout de test grandeur nature avant le début de la saison en extérieur et les JO. Pour trouver une motivation intérieure, ils peuvent toujours penser aux 40.000 dollars attribués aux vainqueurs.