France-Biélorussie: C'est trop beau pour être vrai… Pourquoi ce match est-il un véritable piège pour les Bleus?

FOOTBALL En cas de victoire, les Bleus seront automatiquement qualifiés pour le Mondial-2018…

Antoine Huot et Julien Laloye
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Au match aller, Giroud et les Bleus n'avaient pas marqué contre la Biélorussie.
Au match aller, Giroud et les Bleus n'avaient pas marqué contre la Biélorussie. — Franck Fife / AFP
  • La France part favorite de cette rencontre face à la Biélorussie.
  • Attention à l’excès de confiance contre une équipe qui n’a plus rien à jouer.

Elle est là, à portée de main. Les Bleus touchent du doigt leur qualification pour la Coupe du monde de 2018, en Russie. Après le succès étriqué en Bulgarie, grâce au soldat Blaise Matuidi, l’équipe de France a son destin en main pour ce dernier match de la phase de qualification. Une victoire face à la Biélorussie, ce mardi (20h45) et les hommes de Didier Deschamps seront assurés de passer leur début d’été chez Vladimir Poutine. Dans le pire des cas, il faut que les Français fassent aussi bien que la Suède, qui se déplace aux Pays-Bas… Tout est donc prêt pour la grande fête. Sauf que ce match face aux héritiers d’Alexander Hleb ressemble au match-piège par excellence. Et on vous explique pourquoi.

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>> Parce que le climat autour des Bleus est trop serein

Tous les médias, nous les premiers, ont présenté le déplacement en Bulgarie comme la confrontation ultime pour participer à une sixième Coupe du monde d’affilée. Cela tenait un peu des fantômes de 1993 et beaucoup de la fierté nationale des Bulgares à la maison (quatre victoires avant la défaite de samedi), mais la victoire ne change pas fondamentalement le décor. Pour éviter les barrages, il faut toujours faire aussi bien que la Suède ce mardi soir, sans compter plus que de raison sur les Pays-Bas, éliminés à 99 % puisqu’il leur faut passer un 7-0 aux Vikings pour espérer voir Moscou.

Or, on lit et on écrit partout que le plus dur est fait, comme si la Biélorussie, ce n’était qu’un préfixe avant la Russie. Le Stade de France sera blindé de supporters eux-mêmes plein de certitudes, comme ceux du Stadium de Toulouse, qui pariaient déjà sur la rouste que les Bleus allaient forcément infliger au Luxembourg en septembre. Lloris a déjà prévenu ses coéquipiers : « Il faudra attaquer le match avec la détermination de se mettre à l’abri le plus tôt possible, et ne pas revivre un scénario comme le Luxembourg, où on laisse traîner, où les minutes passent et où le but devient de plus en plus petit. » On espère qu’il sera entendu.

>> Parce que Rabiot a un gros match contre Dijon ce week-end et qu’il ne s’agirait pas de se blesser connement

On a raté le passage du duc dans la zone mixte impersonnelle du stade Vassil-Levski, et c’est bien dommage. Le milieu parisien est rentré à Sofia comme s’il assistait à une chasse à courre à la longue-vue, sauf que le contexte demandait de se salir un peu les chaussettes. Mais comme le jeune homme « avait froid et ne voulait pas se blesser » alors qu’il est rentré sans échauffement, il a mis environ une heure à rentrer dans son match, ce qui nous l’a mis à 100 % aux alentours de la 92e minute.

On s’acharne gratuitement ? Pas tout à fait, puisque son passage raté en sentinelle (un poste dont il a déjà dit qu’il ne voulait pas en club) oblige quasiment Didier Deschamps à rechanger de système pour ce match face aux Biélorusses. Kanté n’est plus là, et Moussa Sissoko ne semble plus être perçu par le sélectionneur comme une solution dans un milieu à trois. Ce sera donc un retour forcé au 4-4-2, où les déséquilibres générés par des couloirs très offensifs peuvent parfois coûter cher en contre-attaque. C’est le schéma que les Bleus maîtrisent le mieux ? Hormis les Pays-Bas, on cherche un bon match en 2017 dans cette configuration.

Mauvais souvenirs face à la Biélorussie

>>  Parce que c’est plus drôle de se qualifier par les barrages.

Une ambiance de folie au Stade de France, un Mamadou Sakho qui sauve la patrie avec un doublé et une nation entière soulagée et réunie… C’était bien, c’était beau, c’était le 19 novembre 2013, lors du match retour des barrages pour la qualification au Mondial-2014, contre l’Ukraine. Après une piteuse défaite à Kiev (2-0), les Bleus nous avaient gratifiés d’une somptueuse remontada à Saint-Denis (3-0).

Et on serait prêt à revivre pareil scénario cette année. Surtout si ces matchs au couteau se jouent contre l’Italie, qui va, elle aussi, passer par ces fameux barrages. Limite mieux qu’une finale de Coupe du monde. Surtout vu le niveau de nos chers voisins transalpins en ce moment, incapables, comme une certaine équipe de France face au Luxembourg, de battre la Macédoine à domicile.

>>  Parce que Chernik, le gardien biélorusse peut sortir le match de sa vie

Andrey Gorbunov, ça vous parle ? Non, pas vraiment. Pourtant, nombre de Français se sont arraché les cheveux à la suite des parades du gardien de l’Atromitos, lors du match aller entre la Biélorussie et la France, à Minsk. Un match qui s’était soldé sur un « magnifique » 0-0, malgré les 23 tirs des Français. Et ce fameux Gorbunov avait tout arrêté. Griezmann, Giroud, Pogba, Payet… Il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes. Et puis comme un gardien en état de grâce a aussi la baraka, le Biélorusse avait pu compter sur ses poteaux pour l’aider à maintenir ses cages inviolées.

Ce mardi, au Stade de France, Gorbunov sera au chaud chez lui et suppléé par Sergey Chernik, le portier de Nancy. A l’ASNL, Chernik peut compter sur un atout de poids, en la personne de Geoffrey Jourdren, qui estimait avoir le niveau pour être appelé en bleu. Nul doute que le Biélorusse, devenu numéro 1 à Nancy après la suspension de l’Ex-Montpelliérain, mettra la misère aux attaquants de l’équipe de France.

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> Parce que la Biélorussie ne nous réussit pas

En dehors de Chernik, c’est globalement tout une sélection qui pourrait nous poser des problèmes, ce mardi. Cinq matchs, deux victoires, deux nuls, une défaite. C’est le somptueux bilan de l’équipe de France face à la Biélorussie. Triste, déprimant même. Et on n’est pas à l’abri que les joueurs d’Igor Kriushenko, qui n’ont plus rien à jouer dans cette poule hormis éviter la dernière place, prennent d’assaut le Stade de France… Comme un obscur soir de septembre 2010, où les Bleus s’étaient fait surprendre par les Vert et Rouge à Saint-Denis (0-1). Les heures les plus sombres de l’histoire du foot français, où Guillaume Hoarau et Loïc Rémy occupaient la pointe de l’attaque. Adil Rami et Hugo Lloris étaient déjà de la partie et pourront raconter aux jeunes cette sale histoire.

>> Parce que la bérézina, ça vous dit quelque chose ?

A moins de connaître une personne qui a lu Guerre et Paix jusqu’au bout, vous n’êtes probablement pas spécialistes de la campagne de Russie. Sans quoi, vous sauriez que la tragique bataille de la bérézina a eu lieu près de Borisov… en Biélorussie. Et oui mes petits potes. Un lieu qu’on associe généralement à l’idée de déroute, bien que ladite bataille, sur un strict plan comptable, fut plutôt une victoire française. Cela voudrait dire tuer deux fois en trois jours un symbole de la France qui perd, après la parade de Lloris sur la tête de Kostadinov ? Impossible n’est pas français, mais quand même.

>> Parce que la Biélorussie craint Dragun…

Nous ne disserterons pas sur Stanislav Dragun, milieu de terrain biélorusse, mais le cœur y est. Ouvrez les vannes.