De Paris à Bondy, du Parc au city stade, c'était la présentation de Kylian Mbappé au PSG

FOOTBALL Pour fêter son arrivée au PSG, Kylian Mbappé à vécu une journée marathon du Parc des Princes à Bondy...

A.L.G au Parc des Princes, J.L à Bondy

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Kylian Mbappé, chez lui à Bondy.
Kylian Mbappé, chez lui à Bondy. — CHRISTOPHE SIMON / AFP

Avant de courir dans tous les sens sur les pelouses de Ligue 1 sous son nouveau maillot du PSG, Kylian Mbappé a d’abord eu droit à un marathon médiatique pour célébrer son transfert dans la capitale. Comme ce fut le cas pour Dani Alves et Neymar avant lui (coucou Yuri Berchiche !), la journée de l’international français a débuté dans l’auditorium du Parc des Princes, pour une présentation officielle devant un parterre de journalistes accrédités pour l’occasion.

C’est un Kylian Mbappé tiré à quatre épingles et tout sourire qui s’est présenté sur l’estrade de la salle de presse aux côtés de Nasser Al-Khelaïfi. On l’a senti (sincèrement) très heureux d’être là, de retour au bercail, dans sa région natale, après un exil monégasque de quatre ans.

« Je suis content de rejoindre le PSG, un club extrêmement ambitieux, a-t-il d’abord lancé. C’est important pour mois de ne pas quitter la France après seulement 6 mois de haut niveau. C’était important pour moi de revenir chez moi, dans la ville où j’ai grandi. »

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Histoire de bien rappeler à tout le monde ses liens avec Paris et le PSG, une photo de lui, quand il était gamin, posant devant le logo du club au Parc des Princes, est diffusée en arrière-plan. Nasser Al-Khelaïfi n’hésite d’ailleurs pas à la reluquer plus longtemps que de raison. Actor Studio.

Kylian Mbappé et Kylian Mbappé.
Kylian Mbappé et Kylian Mbappé. - PDN/SIPA

Si cette conférence de presse n’a pas révolutionné le genre, Mbappé s’est plié à l’exercice avec la même facilité que lorsqu’il fait danser ses adversaires sur les pelouses de France et d’Europe. A l’aise à l’oral malgré la pression qu’engendre forcément un tel tourbillon médiatique, souvent juste dans ses propos, le gamin de Bondy est resté fidèle à lui-même. 

Et quand il a lancé à un journaliste l’interrogeant sur sa position préférée sur le terrain que « c’était une bonne question », Mbappé a fait marrer toute l’audience. Finalement, après avoir répondu aux questions de la salle pendant une bonne vingtaine de minutes et posé pour les photographes, l'attaquant est sorti saluer ses nouveaux supporters, amassé autour des barrières installées devant le Parc des Princes

Des supporters ultra-chauds

Toujours en costard, une écharpe du PSG à la main, le n°29 parisien est alors allé à la rencontre des fans.Au milieu des « Kylian, Kylian, Kylian » lancés par la foule, un autre bruit résonne au loin. C’est celui des chants et des tambours des ultras parisiens. Pour l’occasion, le Collectif Ultra Paris lui a même réservé un chant en son honneur et, même s’il faudra à l’avenir retravailler un chouïa la rythmique, c’est le geste qui compte.

Après avoir assisté aux craquages de quelques fumis et entendu les supporters hurler des chansons à la gloire du PSG, direction la maison.

Home sweet home

Après les photos du petit Kylian au Parc des Princes en 99, on remonte encore plus loin à Bondy, une demi-heure au nord de Paris, là ou a grandi le petit génie et où vit toujours sa famille. Direction un terrain en friche entre l’école pasteur et le Mac do. L’équipementier de l’ancien monégasque a bien fait les choses : au milieu trône un city stade tout beau tout neuf, et il n’y a qu’à fermer les yeux pour imaginer Mbappé mettre des petits ponts à ses copains de crèche.

Ici, tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un du clan Mbappé. Surtout le papa, éducateur à l’AS Bondy, juste de l’autre côté de la route. En attendant le héros de la place, on papote avec des gamins qui se préparent à participer au tournoi avec un maillot floqué Mbappé. Coup de chance, c’est le petit frère Ethan, et deux cousins. Ils font un peu les fiers : « C’est bien pour les gens qu’il vienne ici pour qu’ils puissent en profiter », l’air de dire qu’eux montent sur les genoux de Kylian quand ça leur chante.

Ils nous filent entre les doigts. Le nouvel attaquant parisien est arrivé, et il faut savourer. Dix minutes chrono avant de filer au Camp des Loges, où Emery lui fait déjà des mamours en conférence de presse, avant l’entraînement du jour. Mbappé enfile des crampons pour un toro gentillet et balance une ou deux politesse à la foule, 200 personnes, peut-être. « C’est un plaisir de voir un beau terrain comme ça. J’ai joué ici enfant, je m’en souviens encore par cœur, c’était un peu plus grand mais les filets étaient troués. Il y a du beau monde pour m’accueillir, merci à vous tous ».

Un petit tour de terrain pour taper quelques mains, et c’est terminé. Ne pas s’offusquer pour autant, l’adolescent revient tous les quatre matins. « On le voyait de temps en temps maintenant on le verra encore un peu plus », plaisante Athmane Airouche, le président de l’AS Bondy.

Pour la centième fois, on lui demande s’il n’a pas un petit regret quand même. Puisque Kylian Mbappé ne quitte pas la France, son club formateur n’a pas touché un centime sur son transfert au PSG. « L’argent peu importe, Kylian fait ses choix de carrière, et je pense que venir au PSG c’est ce qu’il fallait faire. Nous, on continue à former des joueurs, on en a déjà formés 30 qui sont devenus professionnels, même si un Mbappé, évidemment, on en sort un tous les 25 ans ».

On lui glisse que ce n’est peut-être mort : Si la nouvelle sensation du foot français signe à l’étranger avant 23 ans, Bondy touchera l’indemnité de formation. Sourire en coin d’Airouche : « Kylian, si à 23 ans, il est toujours au PSG, c’est qu’il aura réussi et qu’il aura gagné des titres. C’est un garçon qui veut être Ballon d’or, et ça peut arriver très vite. Peut-être pas cette saison, mais la prochaine, et je pense que ce sera avec Paris ». Quand il viendra le présenter à Bondy, ça aura de la gueule.

En attendant, Mbappé termine sa tournée pas comme les autres par quelque chose de plus pépère, de plus classique aussi, un entraînement avec ses nouveaux coéquipiers au Camp des Loges. Enfin, le ballon.