France-Pays-Bas: Lemar énorme, Kanté président… Ça va devenir compliqué de faire une équipe là non?

FOOTBALL Le moins que l’on puisse dire, c’est que DD a de quoi se concocter un onze plutôt potable…

Nicolas Camus

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La joie des Français lors de la victoire contre les Pays-Bas (4-0), en éliminatoire de la Coupe du monde 2018, le 31 août 2017 au Stade de France.
La joie des Français lors de la victoire contre les Pays-Bas (4-0), en éliminatoire de la Coupe du monde 2018, le 31 août 2017 au Stade de France. — James Marsh/BPI/Shutter/SIPA

Au Stade de France,

On attendra encore un peu pour voir si cette théorie tient vraiment la route, mais on a comme l’impression que la boulette de Lloris en Suède, finalement, a libéré les Bleus. Elle semble en tout cas avoir libéré son sélectionneur des statuts nés à l’Euro et dont il ne voulait/pouvait (rayez la mention inutile) se dépêtrer. Peut-être qu’un match nul à Solna aurait sauvé les meubles et certains joueurs, là au moins tout le monde n’a pu que constater qu’il était temps de faire bouger les lignes.

Pour parler clairement, Sissoko y a épuisé son crédit, Payet et Matuidi peut-être laissé leur place de titulaire. Non pas parce qu’ils n’apportent rien, mais parce qu’ils n’apportent pas assez. En tout cas au regard de la concurrence. La claque infligée aux Pays-Bas jeudi soir (4-0) a confirmé quelques promesses aperçues face à l’Angleterre.

  • On ne peut pas se passer de la paire Kanté-Pogba (ces deux-là sont d’ailleurs presque plus à l’aise à deux qu’à trois).
  • L’influence de Lemar augmente à chaque minute supplémentaire qu’il passe sur le terrain.
  • Entre Dembélé et Coman, on est armé pour un moment niveau percussion sur le côté droit.
  • Griezmann-Giroud, ça fonctionne, mais Mbappé fera tout pour s’incruster et il en a les moyens.

Si l’on pourrait disserter des heures sur la capacité de Kanté à jaillir dans les pieds de l’adversaire aux quatre coins du terrain - un délice dont on ne peut pas se lasser -, attardons-nous un moment sur le potentiel offensif des Bleus, décidément hors-norme.

Thomas Lemar a été tout bonnement prodigieux jeudi, intelligent dans son placement et ses choix. Les 100 millions (!) mis sur la table par Arsenal lors de cette dernière journée du mercato ne l’ont pas troublé. Son doublé, dont une magnifique reprise en lucarne, et ses statistiques parlent pour lui.

On aurait quand même bien voulu savoir ce qu’il pensait de sa performance, mais un contrôle anti-dopage qui a traîné en longueur nous en a empêché. Du coup on s’est rabattu sur Kylian Mbappé. Et c’était très bien aussi.

Thomas, c’est un super joueur. Il met en valeur les dix autres qui l’entourent, par sa qualité de placement, de passe, de frappe. Il fait tout plus vite que les autres, et il voit tout plus vite que les autres. C’est un régal de jouer à ses côtés »

Mbappé, lui, a inscrit son premier but international, devenant à 18 ans et 8 mois le plus jeune joueur à marquer avec les Bleus depuis Georges Lech en 1963 (18 ans et 5 mois). Antoine Griezmann, qui passerait presque pour un vieillard avec ses 26 ans, a marqué aussi et retrouvé de l’influence. Sûrement titulaires indiscutables chez d’autres, Alex Lacazette et Nabil Fékir n’ont eu que des miettes. En attendant mieux.

« On a une force offensive assez incroyable, apprécie le défenseur Samuel Umtiti. A droite, à gauche, au milieu, c’est énorme. Ça peut être très compliqué pour les équipes adverses. C’est une chance pour la France d’avoir tous ces talents… et pour pas mal d’années en plus. Ça promet ! »

« Je ne vais pas me plaindre de cette abondance », enchaîne Didier Deschamps, sélectionneur heureux qui a su, par la force des choses, leur faire une place. Car on pourrait presque dire que c’est comme si le talent de tous ces petits jeunes avait eu raison de ses principes. DD n’est pas allé chercher l’audace, elle s’est imposée d’elle-même. Toute cette clique en redemande, et ça tombe bien, nous aussi.