Affaire Altrad-Laporte: La mystérieuse démission qui pourrait mettre le boss de la FFR dans de sales draps

RUGBY Un membre de la commission d'appel de la FFR a démissionné cette semaine, rapporte le quotidien « L'Equipe »...

W.P.

— 

Bernard Laporte avant le match entre la France et l'Ecosse le 12 février 2017.
Bernard Laporte avant le match entre la France et l'Ecosse le 12 février 2017. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Polémique Bernard Laporte et Mohed Altrad, acte II, scène 1. Personnages : Laporte et trois membres de la commission d'appel de la FFR. Contexte : le 29 juin, l'instance disciplinaire est appelée à examiner l'appel du club de Montpellier, visé par de multiples sanctions par la Ligue nationale de rugby (LNR). A savoir, six semaines de suspension pour Jannie du Plessis, quatre pour Jacques Du Plessis ainsi qu'un match de suspension pour l'Altrad Stadium et 70.000 euros d'amende pour l'emblème héraultais à cause de l'affichage de banderoles anti-LNR. 

Marche-arrière puis demi-tour

Jusqu'ici, tout va bien. Ladite commission valide dans un premier temps les sanctions infligées par la LNR. La décision a été prise par Jean-Daniel Simonet, président de la commission ainsi que Robert Malterre et Philippe Peyramaure, tous deux avocats, seuls à siéger ce jour-là.

>> A lire aussi : Prétendus liens Altrad-Laporte: «Si c'est avéré, c'est grave et choquant», estime Paul Goze

Sauf que, retournement de situation, le lendemain, Simonet informe le MHR que l'Altrad Stadium n'est plus suspendu, que l'amende a été réduite à 20.000 euros et que les suspensions des joueurs ont été réduites. Selon le quotidien L'Equipe, qui rapporte cet épisode dans son édition dimanche, un des trois membres en aurait contacté un autre afin qu'il reprenne la décision du 29 juin et essuie un refus. Jeudi et près de deux mois plus tard, un membre du trio qui siégeait ce jour-là à la commission a démissionné. 

Un pacte de non-agression entre la FFR et Altrad?

L'affaire est troublante car elle fait écho aux informations révélées par le Journal du Dimanche dans son édition du 13 août. Selon le JDD, les sociétés Altrad Investment Authority, propriété de Mohed Altrad, et BL Communication, gérée par Laporte, ont signé en février un partenariat d'un an. Selon les termes de ce contrat, Altrad a « acquis l'exploitation de l'image » de l'ancien sélectionneur du XV de France.

« Le cahier des charges de cet accord est strict : Laporte est redevable de quatre interventions ou séminaires, à raison d'une journée minimum par événement. En contrepartie, dès la signature de l'acte, Altrad a versé 150.000 euros à BL Communication, hors frais de déplacement, de restauration et d'hébergement », poursuit le JDD qui pense savoir, et c'est là que ça devient sérieux, que l'autre contrat passé en mars et faisant d'Altrad le premier sponsor-maillot du XV de France, serait assorti d'une clause obligeant la FFR à « ne rien faire qui puisse porter préjudice de quelque façon que ce soit à l'image et la réputation d'Altrad ».

Le président de la LNR Paul Goze avait prévenu, le 21 août, que « Si c'est avéré, c'est grave et choquant ».