« C'est déjà une chance de pouvoir jouer au tennis »

Recueilli par Benjamin Rassat - ©2008 20 minutes

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Jo-Wilfried Tsonga

Finaliste de l'Open d'Australie.

Après quarante-huit heures de réflexion, qu'est-ce qui vous a manqué pour remporter cette finale ?

Pas grand-chose. Je suis tombé sur un adversaire qui jouait très bien. C'était vraiment du haut niveau. Moi en tout cas, j'ai joué un très bon tennis. Ce qui me manque, c'est peut-être un ou deux points dans le deuxième set pour faire un break de plus. En tout cas, je n'ai pas de regret. Novak Djokovic était très bon et je n'ai pas à rougir de cette défaite.

Pour revenir au début de l'aventure, quelles sensations avez-vous eu en jouant dès le premier tour sur le Rod Laver Arena, avec tout ce public qui prend fait et cause pour vous ?

Ça fait très plaisir d'abord parce que je ne pensais pas jouer à ce niveau-là. J'ai battu de très bons joueurs et c'était pour moi des moments de pur bonheur d'être sur le court. C'était vraiment très particulier. Forcément, j'ai eu des sensations que tout le monde ne peut pas avoir. Jouer devant 15 000 personnes, c'est très spécial. Il y a eu un moment très fort, quand lors de l'échauffement, avant la finale l'arbitre a annoncé mon nom et que tout le stade s'est levé. C'était incroyable !

Pendant la quinzaine, quels sont les échos que vous avez reçus de France ?

Pas grand-chose à vrai dire parce que j'avais mon entraîneur qui était là pour m'enlever les journaux des mains. J'allais un peu sur le Net, mais à part ça, pas grand-chose.

Vous allez connaître votre première sélection en Coupe Davis. Pensez-vous qu'avec l'équipe, vous êtes capable de ramener la Coupe en France ?

Oui, capable on l'est forcément. On a trois joueurs dans le Top 20, je ne connais pas beaucoup d'équipes qui ont un tel niveau. Donc, on a nos chances.

Roland-Garros, c'est encore loin mais on attend qu'un Français s'impose à Paris depuis Noah en 1983. Quel est votre potentiel sur terre battue ?

Je pense que je vais me préparer pour défendre mes chances au maximum. Ça me tient à coeur de bien évoluer ici. Ça fait deux ou trois ans que je n'ai pas pu m'exprimer. On m'a, entre guillemets, lancé un petit défi en disant que Roland-Garros n'était pas pour moi. Moi je vais faire le maximum et je pense que j'ai un jeu qui peut très bien marcher sur terre battue. Je décale beaucoup avec mon coup droit comme le font les Espagnols, je défends bien mon terrain. Je peux encore m'améliorer mais je pense que je peux bien jouer sur cette surface.

Ce qui a beaucoup impressionné pendant cet Open, c'est votre calme et votre confiance en vous. C'est naturel ou c'est venu à cause de cette série de blessures qui a jalonné votre carrière ?

Oui, je pense que je suis tranquille parce que dans la vie, il y a bien pire que de perdre un match de tennis. Pour moi, c'est déjà une chance de pouvoir jouer.

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