Roland-Garros: Gâteau, journalistes, discrétion... L'anniversaire de Nadal à Paris, cette institution

TENNIS Comme très souvent, Rafael Nadal va fêter son anniversaire à Paris…

William Pereira

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Rafael Nadal, en 2014
Rafael Nadal, en 2014 — Darko Vojinovic/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

Rafael Nadal a apporté pas mal de choses depuis sa première apparition à Roland-Garros. Des roustes – sa dernière victime Gabashvili peut en attester -, des records et même une date symbolique. En temps normal, on parle de première et deuxième semaines sur un tournoi du Grand-Chelem. A Paris, en plus de ces deux caps, il y a le 3 juin, date de l’anniversaire de son altesse Rafa. L’Espagnol a soufflé ses bougies à dix reprises en tant que participant à la deuxième levée du grand chelem.

« Les deux fois où je n’ai pas fêté ça ici, j’ai trouvé ça pas terrible »

Si vous êtes doués en maths, pas comme lui (« les maths, ce n’était pas trop ma matière préférée. J’ai raté la dernière année où j’étais à l’école », a-t-il avoué en conf’ de presse vendredi) vous comprendrez qu’il n’a pas fêté son anniversaire chez nous à deux reprises. C’était en 2009, quand Soderling a mis un terme à son invincibilité sur terre battue, et l’année dernière, quand il avait dû déclarer forfait à cause d’une blessure au poignet contractée au tournoi de Madrid. « Les deux fois où je n’ai pas fêté ça ici, j’ai trouvé ça pas terrible », a confié Nadal vendredi.

Il faut dire que Nadal est un homme de routine. L’anniversaire, c’est comme les bouteilles au placement millimétré devant sa chaise ou ce subtil toucher de nez avant de servir : il fait partie de la routine de Rafa. Ici, pas question de grosse fête non, juste un gâteau, des bougies et une coupe de champagne, tout ce qu’il y a de plus banal.

Cette année, c’est Sodexo, restaurateur des joueurs sur le tournoi 2017, qui sera chargé d’offrir au taureau de Manacor une pièce digne de son talent. « Ce n’est pas un gâteau light ou sans gluten… Il est normal », nous dit-on du côté de l’organisation du tournoi. Bref, c’est aussi pour Nadal l’occasion de s’offrir un petit excès alimentaire en plein grand chelem (bon, il a de la marge ok).

Du central au bar des journalistes devant un match de Djoko, l’historique des gâteaux

Au palmarès du meilleur gâteau, y a autant de suspense que lors de ses matchs sur terre battue. Celui de 2013 remporte la mise haut la main. Souvenez-vous, il avait soufflé ses bougies sur le Philippe Chatrier après être venu à bout du Japonais Nishikori.

Autre année, autre gâteau. Un an plus tard en 2014, Rafael Nadal souffle ses bougies sous les flashs des appareils photos dans une grande salle aménagée à cet effet au sein du stade de Roland, avant d’en couper quelques parts pour les ramasseurs de balle présents puis de s’éclipser avec un petit morceau de son dû et une coupe de champagne.

Mais l’histoire la plus surprenante qui nous vient, là, tout de suite, c’est en 2012 qu’elle a eu lieu. La scène, assez surréaliste, se déroule dans le bar du centre de presse du central. Nadal est rapidement venu y souffler ses bougies comme d’habitude. Mais après dix minutes de cérémonie et sourires polis, l’Espagnol se pose avec son gâteau devant la télé. Djokovic est mené par Seppi, de quoi arracher un, « qu’est-ce qu’il nous fait Novak » spontané à Rafa, qui ne loupera plus une miette de la partie (finalement, le Serbe s’en sortira en cinq manches).

Nadal ne veut pas en faire trop autour de son anniversaire

Le gâteau, les cadeaux, le matériel, tout ça c’est évidemment super. Mais en homme humble qu’il est, Nadal s’en fiche un peu à vrai dire.

« Je crois que j’ai plus de choses que j’aurais pu en rêver dans cette vie. Ce que je veux c’est la santé pour moi et mes proches »

Non, lui, ce qu’il aime, c’est le moment en soi. Fêter son anniversaire sur le lieu le plus important de sa carrière de sportif, n’est-ce pas le plus grand des privilèges ? Comme si briller à Roland-Garros était son destin.

« C’est toujours génial de fêter son anniversaire ici », a-t-il déclaré vendredi. « En plus j’ai un jour off, donc je vais pouvoir en profiter pour passer ce moment avec mes proches, ma famille », probablement au Mélia Alma Hôtel, véritable QG pour le nonuple vainqueur à Paris. On a tenté d’y passer un coup de fil pour savoir comment la petite fête se profilait, mais en vain. « L’établissement a reçu pour ordre de ne pas répondre aux demandes concernant la communication », nous dit-on.

Photo-dossier
Photo-dossier - Darko Vojinovic/AP/SIPA

L’Espagnol aime le calme. Il en a besoin pour viser la décima, et c’est lui qui le dit. « Moins j’ai de distraction, et mieux cela vaudra ».