Amara vend du «sur mesure» en banlieue

POLITIQUE DE LA VILLE Présentation à Vaulx-en-Velin des contours d'une «nouvelle politique» en banlieue...

A Vaulx-en-Velin, Frédéric Crouzet

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Une semaine après que le président Sarkozy eut annoncé "un plan extrêmement ambitieux" en faveur des banlieues, la confusion paraissait totale au sommet de l'Etat entre le tandem exécutif toujours partisan d'un plan et les ministres chargés du dossier, qui ne le jugent plus pertinent.
Une semaine après que le président Sarkozy eut annoncé "un plan extrêmement ambitieux" en faveur des banlieues, la confusion paraissait totale au sommet de l'Etat entre le tandem exécutif toujours partisan d'un plan et les ministres chargés du dossier, qui ne le jugent plus pertinent. — Fred Dufour AFP/Archives

Ses premières mesures ont été applaudies. Il y a aussi eu des sifflets. La secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara a défini mardi à Vaulx-en-Velin les contours d'une «nouvelle politique» pour les banlieues en difficulté.

Principaux objectifs : créer 45.000 emplois en trois ans, réduire le chômage des jeunes de 40%, accompagner la création de 20.000 entreprises, désenclaver les quartiers, instaurer un suivi personnel des élèves et mettre à leur disposition une «banque de stages». «Je veux une politique de la ville fondée sur l'évaluation et la culture du résultat», a t-elle lancé devant un millier d'élus et militants associatifs réunis au centre culturel Charlie-Chaplin.

La secrétaire d'Etat, qui souhaite «mettre le paquet» sur une centaine de quartiers, veut que les mairies et les associations gèrent désormais les crédits de la politique de la ville pour des initiatives «sur mesure qui s'appuient sur l'expertise locale».

Boutin se démarque
«Mais les municipalités redistribuent aux associations qui leur sont proches politiquement», fait remarquer Karim, de l'association Zyva de Nanterre. La ministre du Logement Christine Boutin, qui a ouvert la réunion, a elle pris ses distances sur les objectifs. «Je n'aurais pas formulé les 45.000 emplois», a t-elle indiqué devant la presse.

600.000 euros la réunion selon le PS
«C'est une série de bonnes intentions. Cette journée n'a servi à rien. Elle a créé des frustrations parmi les habitants de nos quartiers et entraîné un gaspillage de l'argent public», a réagit le PS local qui estime le coût de la réunion à 600.000 euros, rappelant que des Vaudais avait été refoulé de la réunion. «La culture du résultat, la priorité à l'éducation, ça me parle», a apprécié un militant associatif de Vaulx-en-velin, qui attend cependant de connaître le budget totale du plan.

Fadela Amara n'a pas chiffré le coût de cette politique. Le président Nicolas Sarkozy devrait s'en charger le 8 février en détaillant le plan banlieues. La secrétaire d'Etat a toutefois évoqué la piste d'une «solidarité financière entre les communes». A l'extérieur, une centaine de manifestants ne demandait pas mieux. «Plan banlieue, des immeubles HLM à
Neuilly», indiquait une pancarte.

>> La visite de Fadela vue par le Bondy Blog, à lire ici.