Conseil de classe: Mais au fait, elle a donné quoi la saison de Pogba avec Manchester United?

FOOTBALL Maintenant que la Premier League est diffusée sur SFR Sport, on n’a pas beaucoup regardé le championnat anglais cette saison…

A.L.G.

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Pogba et MU rentrent dans leur Boxing Day
Pogba et MU rentrent dans leur Boxing Day — OLI SCARFF / AFP

Alors que Paul Pogba s’apprête à disputer la finale de la Ligue Europa face à l’Ajax d’Amsterdam, mercredi soir (20h45), après avoir terminé avec Manchester United a une très moyenne 6e place de Premier League, on a voulu se demander de quoi avait été faite sa saison outre-Manche pour son grand retour sous le maillot des Red Devils.

Si l’on ne devait s’attacher qu’aux commentaires de la presse anglaise, qu’aux analyses des consultants, voire même qu’aux statistiques et au classement, la réponse serait clairement : bof, voir bof-bof moyen nul. Commençons par les chiffres : en 48 matchs avec Manchester toutes compétitions confondues, Pogba n’a marqué que 8 buts et délivré que 5 passes dé’. C’est vrai que pour un milieu de terrain dont on vantait la capacité à être décisif dans les derniers mètres, le constat d’échec se pose là.

Une attaque en berne…

Mais ça serait oublier un peu vite que Pogba, seul, ne peut pas tout et que, dans une équipe qui n’a marqué en tout et pour tout que 54 buts en championnat (8e meilleure attaque seulement), pas facile de faire briller ses stats’. Avec des attaquants plus efficaces et plus réalistes (malgré sa bonne saison avant sa blessure, Ibrahimovic a quand même pas mal vendangé), peut-être « Pogboum » serait-il mieux loti au grand jeu des statistiques. Il ne faudrait pas oublier non plus que le joueur a souffert de pépins physiques en cours de saison, noircissant encore un peu plus le tableau général.

Venons-en maintenant aux commentaires qui n’ont pas manqué d’accompagner le Français tout au long de sa saison. Et là, c’est peu dire que le joueur n’a pas été épargné. De Paul Scholes, qui regrettait que Pogba essaye de tout le temps trop en faire sur le terrain (« Ce n’est pas le joueur que Manchester United a acheté. Ils n’ont pas acheté Messi, ils ont acheté un milieu de terrain puissant et fort ») à Rio Ferdinand, qui commentait la futilité d’une danse de Pogba dans les vestiaires mancuniens publiée sur les réseaux sociaux, en passant par Alan Shearer, les consultants ont rarement fait de cadeau à l’international français.

Votre colin, avec ou sans patate ?

Mais le plus emmerdant dans cette histoire, quand on regarde tout ce qui s’est dit sur Pogba cette saison outre-Manche, c’est de voir que c’est l’argument du montant de son transfert qui revient la plupart du temps sur le tapis. « Quand vous payez un prix de 90 millions de livres pour quelqu’un, on est en droit de s’attendre à être époustouflé par moments, lâchait ainsi Alan Shearer. Mais ils n’ont pas été nombreux cette saison, s’il y en a eu, les moments où on s’est dit "wahou" en regardant l’ancien milieu de la Juventus. » Voilà, « l’analyse » de l’ancien attaquant de Newcastle résume à elle toute seule tout ce qui s’est dit à propos de Pogba et du coût de son transfert tout au long de la saison.

On peut reprocher pas mal de choses à Pogba, mais lui imputer le montant de son transfert (ce qui voudrait dire lui mettre sur le dos l’évolution globale et préoccupante du monde foot sur le plan financier), c’est faire preuve de paresse intellectuelle. C’est d’ailleurs pour ça que le Mou est plusieurs fois monté au créneau pour défendre, dans son style si caractéristique, un joueur qu’il sait exceptionnel.

« Ce n’est pas la faute de Paul s’il gagne dix fois ce que gagnaient les joueurs dans le passé. Ce n’est pas sa faute si certains experts ont des problèmes dans leur vie, qu’ils ont besoin d’argent et que Paul est multimillionnaire »

« Je crois que le problème pour lui a été l’étiquette, le prix collé sur son dos avec ce transfert, a poursuivi Mourinho. J’espère que l’été prochain, il ne sera plus le plus gros transfert et que la pression ira sur quelqu’un d’autre ( big up Kylian Mbappé !). Tout le monde attend des performances en lien avec l’incroyable montant du transfert, et ça entraîne de la pression et des analyses qui, parfois, ne sont pas justes. »

Rira bien qui rira le dernier

En le voyant débouler comme une star de NBA du côté de Manchester, les gens ont attendu de lui qu’il fasse des miracles. La réalité, c’est qu’au milieu d’un effectif plutôt moyen (si, si), ou en tout cas loin de ceux du Real, du Barça ou du Bayern, « La Pioche » a fait ce qu’il a pu. Car si on enlève Ander Herrera, qui a fini par prendre l’envergure escomptée dans le milieu des Red Devils, c’est le néant. Sans Pogba, la créativité au cœur du jeu se rapprochait du zéro pointé. Ainsi, au lieu de dire qu’il a été bidon cette année et qu’il ne vaut pas les 105 millions d’euros placés sur lui, il serait donc beaucoup plus juste de dire que sa saison a été convenable.

Pour vous convaincre, laissons la parole à Didier Deschamps, qui n’est pas du genre à en garder sous la pédale quand il a un truc à reprocher à Pogba : « Il a été régulier, performant, il a marqué des buts, il en a fait marquer. Il est aussi beaucoup plus performant dans un domaine un peu plus neutre mais tout aussi important, la récupération. Il a eu une saison très lourde, avec beaucoup de matchs à la clé et globalement je trouve qu’il a fait une bonne saison. »

Zlatan Ibrahimovic, pour sa part, a défendu son coéquipier et a rabaissé le caquet de ses haters.

« Toutes les personnes jalouses qui parlent de lui avaleront chacun des mots qu’ils ont dits sur lui. Il ne fera que s’améliorer et il mettra tout le monde d’accord. »

Avant même la finale de Ligue Europa, au vu de tous ces éléments, et puisqu’on pense que la valorisation des efforts vaut mieux que la critique permanente, le conseil de classe de 20 Minutes à rendu son verdict :

  • Paul Labile Pogba, scolarisé à Manchester United, année 2016-2017

>> Note B +. Peut mieux faire. Va mieux faire.

>> Paul a été un élève travailleur et consciencieux. Un peu dispersé en dehors des cours mais toujours sérieux au moment de rentrer en classe. Les attaques dont il a été victime à la récréation ne serviront qu’à le rendre plus fort. Vivement la rentrée prochaine.