Real-Atlético: A 19 piges, Theo Hernandez va mettre fin au pacte de non-agression entre les deux clubs

FOOTBALL Le transfert de Theo Hernandez signe la fin d’une trêve Atlético-Real vieille de 17 ans…

Aymeric Le Gall

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Theo Hernandez n'aura finalement jamais joué en pro avec l'Atlético Madrid.
Theo Hernandez n'aura finalement jamais joué en pro avec l'Atlético Madrid. — Bagu Blanco/BPI/Shutter/SIPA
  • Theo est le jeune frère de Lucas Hernandez, défenseur central à l’Atlético Madrid
  • Formé chez les Colchoneros, le latéral gauche français va filer chez l’ennemi du Real Madrid cet été
  • Ce transfert met un terme au pacte de non-agression entre le Real et l’Atlético à quelques heures du derby

Il a 19 ans, il est Français, vous ne le connaissez probablement pas et pourtant il est à deux doigts de causer une guerre entre le Real Madrid et l’Atlético. A quelques heures d’une demi-finale de Ligue des champions entre les deux clubs, ça la fout mal… Lui, c’est Théo Hernandez, frère de Lucas, défenseur central chez les Colchoneros. Débarqué en Espagne à l’âge de 10 ans, celui qui explose cette saison du côté d’Alaves (en prêt) va rejoindre cet été l’ennemi de toujours, le Real Madrid, pour environ 24 millions d’euros.

Si cette annonce a pu faire l’effet d’une bombe, c’est bien parce que ça fait maintenant dix-sept piges qu’aucun joueur n’était passé d’un club madrilène à l’autre. Le dernier en date se nommeSantiago Solari. C’était en 2000. Depuis, nada.

Et pour cause, histoire de s’éviter des scènes de guérillas urbaines et de pourrir un peu plus les relations entre deux clubs que tout oppose sur le papier, ceux-ci auraient convenu de sceller une sorte de gentleman agreement. Dans les faits, il s’agit d’un pacte de non-agression sur le marché des transferts obligeant les dirigeants merengues et colchoneros à ne jamais venir faire leurs emplettes sur les étals du grand rival.

Mais le plus étonnant dans ce micmac madrilène, c’est que si rupture du pacte il devait y avoir, on n’aurait certainement pas misé un kopeck sur le fait quel’international français U20 en soit l’élément déclencheur. Ben ouais, quitte à déterrer la hache de guerre, autant que ce soit pour un joueur de classe internationale (malgré le potentiel réel du frère de Lucas Hernandez, il en est loin à l’heure actuelle). Du genre d’Antoine Griezmann par exemple.

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Sauf que lorsqu’un tel transfert avait été évoqué sur le plateau de Téléfoot, le Français avait mis le holà : « Je ne pourrais pas aller au Real Madrid du fait de la rivalité. En plus, il y a un pacte de non-agression entre les clubs » Et voilà que les deux clubs sont en passe de rouvrir les hostilités pour un joueur de 19 ans qui n’a pas encore 30 matchs en pro dans les jambes…

Interrogé à ce sujet, Bernardo Salazar, l’historien n°1 de l’Atlético, ne croit pas des masses en cette théorie du pacte et en profite pour glisser un petit taquet à Florentino Perez, le président du Real : « Je crois que ce fameux pacte de non-agression n’a jamais réellement existé entre les deux clubs. C’était en quelque sorte l’excuse dont se servait le président du Real pour expliquer ses échecs quand il ne parvenait pas à signer un joueur de l’Atlético, comme ce fut le cas pour Forlan, Falcao ou Agüero. »

Un coup de pression du Real ?

En revanche, ce qui surprend cette mémoire vivante des Colchoneros, c’est le timing de l’annonce, à quelques heures seulement de la demi-finale de Ligue des champions (Rappelons tout de même que le Real n’a rien officialisé de son côté, seule la presse madrilène a fait état de la visite médicale que le latéral gauche français a passée cette semaine).

« Je ne sais pas si on peut parler d’une manœuvre de déstabilisation de la part du Real, mais ce qui est sûr c’est que ça manque de classe. »

Quoi qu’il en soit, cette provocation devrait pimenter encore un peu plus la rivalité entre les deux clubs madrilènes, bien plus puissante aux yeux de leurs supporters que ne peut l’être celle entre le Real et le Barça. Salazar, toujours : « Contrairement aux supporters du Real et du Barça, qui sont éloignés de plus de 600 km, ceux du Real et de l’Atlético se croisent tous les jours, ils sont de la même famille, ils sont amis, ils travaillent ou étudient ensemble. En Espagne, la vraie rivalité se situe ici, à Madrid, entre le Real et l’Atlético. »

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Un derby déjà muy caliente

Et ce ne sont pas les dernières déclarations de Sergio Ramos en conférence de presse qui risquent de contredire l'historien. Interrogé sur les prétendus écarts de valeurs entre un Real Madrid estampillé bourgeoisie et un Atlético plus proche du bon peuple, le capitaine a sorti les poignards.

« On dirait que nous avons tous grandi à Beverly Hills et avec un compte courant de plus de 40 plaques. Mais ici aussi il y a des gens issus des quartiers, avec des valeurs et des principes. »

Quoi qu’il en soit, si pour Bernardo Salazar il est « toujours embêtant quand un de tes joueurs décide de rejoindre le rival, ce n’est pas non plus la première fois qu’on assiste à ça. » « Et puis ce garçon, conclut-il, il n’a encore jamais joué en équipe pro avec l’Atlético, les supporters n’ont donc pas véritablement de lui l’image d’un Colchonero pur et dur….»

Il n’empêche, à voir les noms d’oiseaux dont le gamin est affublé par certains d’entre eux, sur les forums ou les réseaux sociaux, pas sûr que l’affaire ne soit oubliée de sitôt. Mais sûr par contre que c'est un teasing parfait pour le derby de mercredi soir.