Monaco-L1: Profitons bien de Bernardo Silva avant qu'il ne s'envole (contre un gros chèquos)

FOOTBALL Bernardo Silva est un sacré joueur, mais il risque bien de quitter Monaco à la fin de la saison...

W.P.

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Bernardo Silva
Bernardo Silva — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Physique banal, dégaine banale, taille banale, nom banal… Bernardo Silva aurait pu être monsieur tout le monde s’il n’avait pas été ce joueur extraordinaire qui illumine les pelouses françaises, et bientôt destiné à briller en Espagne ou en Angleterre.

On va pas se mentir, il y a de grandes chances pour que le milieu offensif portugais ne soit plus monégasque au coup d’envoi de la prochaine saison. Il est trop fort, trop courtisé et aussi trop géré par Jorge Mendes pour pouvoir prolonger son aventure sur le rocher. En attendant que le ciel tombe sur notre tête, contentons-nous de profiter de ses derniers mois parmi nous. Pourquoi ? Parce que…

  • Il joue au football avec le sourire, et ça, c’est beau

Qui mieux que Pepa, entraîneur qui roule aujourd’hui pour Tondela (D1 portugaise), pour parler de la joie avec laquelle son ex-joueur chez les moins de 17 ans de Benfica manie le ballon.

« Quand je faisais des exercices un peu plus ludiques, je choisissais toujours Bernardo en premier dans mon équipe. Parce qu’il joue avec gaieté, parce qu’il dégage quelque chose de spécial quand il porte le ballon. Ça a toujours été un garçon joyeux. »

Comment ne pas aimer un petit bonhomme qui prend plaisir à tripoter le ballon et a le sens du spectacle ?

BAL-LON! BAL-LON!
BAL-LON! BAL-LON! - YURI KADOBNOV / AFP
  • Il a un très gros QI football

Tous les étrangers qui débarquent en Ligue 1 le disent : notre championnat est rugueux, physique, usant pour les attaquants. Autant de mots inexistants dans le dictionnaire du « Bernardisme », plus porté sur l’intellect footballistique.

Pepa, toujours. « Bernardo n’a jamais fui le contact physique, mais il a aussi toujours su que les autres étaient meilleurs que lui dans ce domaine. Du coup, il s’est demandé comment faire pour les éviter au maximum. Aujourd’hui, il a toujours deux ou trois coups d’avance au moment de recevoir le ballon, là où un joueur moyen sait à peine ce qu’il va faire quand il reçoit la balle. » Modric et Iniesta aiment ça.

  • C’est le genre idéal

« Be better than the Gap » (« sois meilleur que du Gap »), disait Ryan Gosling à Steve Carrell dans Crazy Stupid Love. A voir les sweats à capuche de ladite marque et le look arboré par le Portugais hors déplacements officiels (qui l’obligent à porter un costard inconfortable), on peut facilement deviner que Bernardo Silva n’a jamais pris le temps de regarder cette comédie romantique américaine.

Avec lui, pas d’extravagance, d’abdos saillants, de grosses voitures, d’auto-admiration ni de débordements (si ce n’est sur le terrain). Rien ne brille n’y n’attire l’attention chez lui. « Il fêtait les buts des autres comme si c’était les siens », rappelle Guilherme Matos, un ex-coéquipier du temps de la formation à Benfica. L’humilité et l’altruisme des grands milieux de terrains altruistes. Une sorte de gendre idéal du ballon rond, en somme.

  • C’est un joueur de grands matchs

Villarreal, Tottenham, CSKA Moscou pour la Ligue des champions et l’Olympique de Marseille comme victime favorite en Ligue 1. Tout bon Ricain vous le dira, « big players make big plays in games games », les gros joueurs sont bons dans les gros matchs. Bernardo Silva est de ceux-là. La pression, il la boit. « Il a toujours été décontracté, nonchalant. Comme s’il ne se passait rien sur le terrain. Il ne se prenait jamais la tête, il n’était pas affecté par la pression. Ce n’est pas qu’il s’en fichait, c’est juste que c’était son style, sa manière d’être », se souvient Pepa. On ne devient pas par hasard un joueur qu’ Hugo Lloris « admire », confession faite par le portier français après avoir pris « ça » à White Hart Lane.

  • C’est un peu l’enfant adoptif de notre Ligue 1

On ne va pas rembobiner la cassette et refaire l’histoire. Le petit Lisboète a débarqué il y a bientôt trois ans sur la Côte d’Azur, rejeté par son club de cœur, Benfica, qui l’a laissé partir moyennant 15 millions d’euros. C’est en Ligue 1 que Bernardo Silva a explosé, pas dans son pays natal et encore moins sous la houlette du coach Jorge Jesus, qui voulait en faire un vulgaire latéral gauche. Ses premiers matchs de championnat, ses premières joutes européennes, il les a connus sous la bannière du football tricolore.

Evidemment, Bernardo Silva est international portugais et restera toujours l’enfant de Benfica, dont il rêvait petit de devenir président… Mais il a grandi au gré des matchs disputés aux quatre coins de l’Hexagone et pour ça, il restera au fond toujours notre petit Nanard. Et c’est pour ça qu’il va nous manquer.