Vendée Globe: «Je n'ai pas le pied marin», avoue le vainqueur virtuel de l'édition 2012

INTERVIEW Le Francilien (oui, oui, Francilien) Lilian Launay a gagné le Vendée Globe virtuel en 2012-2013...

Propos recueillis par William Pereira
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Virtual Regatta, ça ressemble donc à «ça».
Virtual Regatta, ça ressemble donc à «ça». — LOIC VENANCE / AFP

74 jours, 16 heures et 59 minutes, c’est le temps qu’il a fallu à Lilian Launay pour boucler  en 2012-2013, soit trois jours de moins que le vainqueur de la même édition,  . Plus fort que les meilleurs skippers, Lilian ? Pas vraiment. Car sa perf’, il l’a réalisée assis devant son ordinateur sur  , sorte de Football Manager de la voile. Pas de quoi atténuer pour autant l’exploit du marin virtuel, qui a devancé pas moins de 470 000 rivaux.



Quatre ans après son sacre, l’intéressé rempile avec son bateau Llyl – Team TBS pour défendre son titre. Mais avant de surfer de nouveau sur les vagues de l’Internet, Lilian a accepté de parler    avec nous. En toute humilité.

Comment êtes-vous arrivé sur Virtual Regatta ?

A la base, je viens d’Ile-de-France, et je suis chaque édition du Vendée Globe. Par hasard, sur le site officiel de la course, il y avait une annonce du genre « Participez au Vendée Globe virtuel », et j’avais cliqué dessus par curiosité. C’est aussi simple que ça.

Comment devient-on accro à ce jeu ?

Le fait qu’il soit accessible y est pour beaucoup, je pense. Même si on n’est pas marin, on arrive à se projeter dans ce que font ces mecs sur le bateau, on a des vrais bulletins météo à notre disposition et toutes sortes de données précises qui font que le jeu donne envie.

 « Pendant les fêtes, je faisais en sorte de rester sobre. Mais je n’ai pas mangé lyophilisé, je vous rassure ! »
 

Bon, concrètement, c’est quoi la recette pour gagner le Vendée Globe virtuel ?

Je ne sais pas exactement comment le gagner, si ce n’est qu’il faut suivre la météo et réussir à lire d’assez loin les changements de météo. En gros, il faut être assidu. Il y a 470 000 joueurs, donc pour être devant, il faut être présent tous les jours le matin et le soir au minimum. La nuit, je me réveillais quand je savais que la météo était hasardeuse. Dans ce cas-là, je changeais de voile, de cap, quitte à déranger ma compagne (il se marre)… Pendant les fêtes, je ne chômais pas plus. Je faisais en sorte de rester sobre. Mais je n’ai pas mangé lyophilisé, je vous rassure !

Etes-vous un peu tendu à l’approche de la défense de votre titre ?

Je n’ai aucune pression à l’idée de remettre mon titre en jeu. Ce qui met la pression, ce sont les médias, qui me sollicitent de plus en plus à l’approche du départ aux Sables-d’Olonne. Et puis l’exploit reste virtuel ! Sinon, au contraire je suis même pressé de découvrir la nouvelle interface et les autres nouveautés du jeu.

Ça vous a apporté quoi de gagner la course sur « Virtual Regatta » ?

Le plus beau cadeau que m’a apporté cette victoire, au-delà d’une jolie montre et d’un partenariat avec  dont je porte les couleurs depuis deux ans, c’est d’avoir pu rencontrer  . Je me suis posé avec eux sur un canapé pendant une quinzaine de minutes, c’était un privilège. J’ai également pu échanger avec un autre skipper, Armel Le Cléac’h. Ils sont à la fois curieux et amusés parce que c’est un jeu, parce que c’est virtuel. Mais il n’y a jamais de mépris.



Et à part ça, envisagez-vous de vous mettre à la voile pour de vrai ?

Faire de la voile en réel, évidemment, c’est très tentant. Malheureusement, ce n’est pas forcément pour moi. J’ai des vertiges, je n’ai pas le pied marin et je souffre du dos. Le Vendée Globe, ça restera hélas pour moi derrière l’ordinateur ! Et puis, bon, ça reste plus confortable chez moi.