« L'image des agents est associée à un milieu de requins »

Recueilli par D. P. - ©2007 20 minutes

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Bagdad Sehla

Agent de joueurs depuis mars 2005, joueur de Carquefou (CFA 2).

Cela fait plus de deux ans que vous êtes agent. Arrivez-vous à en vivre ?

Non. J'ai fait le choix de travailler à côté. C'était trop risqué. Quand on obtient la licence, le plus difficile débute. Ce métier impose des dépenses élevées pour des revenus incertains. Il faut aussi me laisser le temps de me constituer un réseau de confiance...

Le monde des agents est-il un « milieu de requins » ?

C'est vrai qu'il faut faire attention à soi. Il y a des coups tordus qu'il faut savoir éviter. J'ai eu le cas récemment. Un agent m'a proposé bizarrement un joueur. Je suis sûr que c'était une peau de banane... L'agent est associé à l'image du joueur. Si celui-ci a une mauvaise réputation, la crédibilité de l'agent en prend un coup. Si tu te pointes dans un club et que tu es le quatrième agent d'un joueur instable, tu passes pour un pingouin !

L'abondance d'argent dans le foot a perverti le milieu...

Oui. Et c'est normal, car les agents sont ceux qui font naviguer les fonds dans le foot. L'autre jour, on m'a raconté qu'un joueur de L1 avait convoqué quatre agents. Il leur a dit : « Moi, j'engage celui qui me négocie le plus gros salaire ! » Notre image est associée à un milieu de requins.

Combien touche un agent en France ?

Entre 5 et 10 % du salaire brut annuel du joueur. Sur 180 agents en France [4 en Loire-Atlantique], seule une cinquantaine en vit !