Frank McCourt, le nouveau propriétaire de l’OM, a été « un désastre » à la tête des Dodgers

FOOTBALL L'homme d'affaires a laissé derrière lui un sillon de dette et de dévastation...

Philippe Berry

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Le nouveau propriétaire de l'OM, Frank McCourt, ici en 2011 quand il était le patron des Dodgers.
Le nouveau propriétaire de l'OM, Frank McCourt, ici en 2011 quand il était le patron des Dodgers. — A. Gallardo/AP/SIPA

Sur le Vieux port, Frank McCourt est attendu comme le messie. Mais si on juge le nouveau propriétaire de l’OM par son expérience passée, les supporteurs de Marseille peuvent aller brûler quelques cierges et prier la Bonne Mère. Sa gestion des Dodgers, la célèbre équipe de baseball de Los Angeles, a été « un désastre », confie à 20 Minutes le journaliste sportif de NBC Craig Calcaterra.

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Un fiasco, ça dépend pour qui. Frank McCourt a quitté Los Angeles en 2012 avec un chèque de plus de 2 milliards de dollars, plus de cinq fois ce qu’il avait payé en 2004. Mais la revente a été forcée par la Ligue de baseball (MLB), qui accuse alors l’homme d’affaires de Boston d’avoir « pillé » la franchise en siphonnant 189 millions de dollars pour payer des dettes personnelles et se verser, ainsi qu’à des proches, des salaires exorbitants.

Gourou et « v energy »

Comme Donald Trump, Frank McCourt, 63 ans, a fait fortune dans l’immobilier, dans la construction et dans l’exploitation de parkings. Et comme le candidat républicain, il a utilisé la dette comme effet de levier pour investir toujours davantage. Ça lui a d’abord bien réussi : en 2004, il parvient à racheter les Dodgers pour 421 millions de dollars en dépensant moins de 100 millions de capital personnel. Son avocat, Steve Susman, se vantera même plus tard que son client a réussi ce coup sans mettre « un penny » sur la table.

A la tête des Dodgers, McCourt utilise la même stratégie. Il dépense sans compter, mais aussi sans résultat. Il paie même « plusieurs centaines de milliers de dollars » à un gourou russe, entre 2004 et 2009, pour envoyer des bonnes ondes d’une mystérieuse « v energy » depuis Boston lors des matches télévisés de son équipe. Pendant ce temps-là, l’homme d’affaires et sa femme de l’époque, Jamie Luskin, s’offrent une villa à 21 millions de dollars à deux pas du Playboy Mansion.

Un divorce et une faillite

C’est finalement son divorce, l’un des plus coûteux de l’histoire de la Californie, qui précipite sa chute. Face à la publicité négative de toutes les révélations, la ligue s’en mêle. Alors que les Dodgers ont accumulé plus de 400 millions de dollars de dettes, la MLB reprend le contrôle financier de la franchise et tout se termine par une faillite puis la revente forcée. Et par un chèque bien plus élevé que prévu.

« McCourt a bénéficié d’un timing chanceux. Le marché des droits TV a explosé et les Dodgers étaient en pleine renégociation de leur contrat », note Craig Calcaterra. L’équipe d’investisseurs menée par l’ancienne star du basket Magic Johnson débourse finalement plus de 2 milliards de dollars. C’est l’ironie de l’affaire. « McCourt a fait fortune en ruinant la franchise », s’amuse le journaliste.

Un fiasco « plus financier que sportif »

Et le bilan sportif, dans tout ça ? Plutôt maigre, avec zéro titre gagné en neuf saisons. Selon Craig Calcaterra, Frank McCourt est un président qui « ne se mêle pas trop » de la gestion sportive quotidienne. Il a limogé à deux reprises le manager de l’équipe pour mauvais résultats sans que cela fasse débat, et il s’est globalement entouré de « personnes compétentes ». Médiatiquement, il reste plutôt en retrait à l’exception d’un ou deux discours annuels pour fixer les grands objectifs.

Malgré sa mésaventure californienne, l’homme conserve un certain capital sympathie. Son amour du baseball et du sport en général est « authentique », estime le journaliste, qui souligne la longue histoire familiale, avec un grand-père qui était propriétaire de l’équipe de baseball de Boston au début du 20e siècle. Selon lui, même si McCourt se trouve souvent sur le podium des classement des pires propriétaires de l'histoire du sport US, le fiasco des Dodgers reste au final « plus financier que sportif. » Et en arrivant à Marseille, Frank McCourt a un avantage : Margarita Louis-Dreyfus a mis la barre assez bas.