JO 2016: On vous prévient Voltaire, Zola ou Jaurès, un jour faudra faire de la place pour Teddy Riner au Panthéon

JUDO Ca y est, cette fois, Teddy est « dans les étoiles » du sport…

B.V.

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Teddy riner pendant sa finale des JO
Teddy riner pendant sa finale des JO — Markus Schreiber

De notre envoyé spécial à Rio,

On aurait presque un peu les boules qu’il finisse le boulot sur un 0-0. Vainqueur sur pénalités en finale face au Japonais Harasawa, Teddy Riner n’a pas pu mettre fin à son chef-d’œuvre de la manière qu’il espérait et à la hauteur de son talent. « Des fois je me demande pourquoi je travaille comme un dingue pour mettre des ippon alors qu’en fait c’est juste logique, les autres ont aussi faim que moi et du coup ça ils verrouillent. Mais bon, la médaille elle est dans ma valise. » Au fond, ça le fait marrer plus qu’autre chose.

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Parce que Riner le sait : ce qui compte au JO, c’est la couleur de la médaille.  Jeudi, il avait d’ailleurs prévenu que s’il faut « que je gagne avec un shido (une simple pénalité), je le ferais ». Il en a mis deux. Et comme sourit le DTN Jean-Claude Senaud, « les gamelles, il le mettra aux championnats de France ». Parce que désormais, Teddy Riner n’a plus rien à perdre ni à prouver. Imbattable depuis six ans et 128 combats, huit fois champion du monde et deux fois champion olympique, il est « une légende de ce sport », admire Or Sasson, son adversaire battu en demie.

« Il est passé dans les étoiles »

Moins stressé que lors de son premier titre à Londres, Riner a montré tout ce qu’il savait faire à Rio : jeu au sol, mobilité, puissance en haut du corps, contrôle du rythme. Comme la preuve ultime qu’il a fait du judo son jouet. « Je ne suis peut-être pas objectif car je suis son DTN, mais c’est le plus grand qu’on ait jamais eu, avoue Senaud les larmes aux yeux. Vous vous rendez compte ? En 2007 Il était dans la salle juste à côté et il gagnait son premier titre. Neuf ans après il est là et il est deux fois champion olympique et huit fois champion du monde. C’est le Panthéon… Il est passé dans les étoiles. Il marquera la vie sportive, en France est dans le monde. »

On aurait pas pu le dire mieux. Dans les tribunes du dojo de Rio, plusieurs grand noms du sport français (Jérôme Fernandez, Alain Bernard, Grégory Anquetil) ont regardé et/ou filmé le souvenir de la victoire du porte-drapeau. Mais son aura dépasse largement nos frontières. Avant la finale, le public brésilien a scandé son nom. Après, toutes les télés japonaises l’ont arrêté en zone mixte pour avoir quelques mots du héros. En conférence de presse, il a répondu aux journalistes du monde entier en anglais. Riner n’est pas seulement la star de son sport, c’est une star du sport. Pas tout à fait au niveau de Bolt ou Phelps, mais dans la catégorie juste en-dessous.

Et quand viendra l’heure du classement marronnier du sportif préféré des Français, on l’imagine déjà loin devant. Engagé à fond dans le projet Paris 2024, symbole de la formation à la française à l’INSEP, représentant de la France qui gagne et avec le sourire, il ne l’aura pas volé. « J’ai beaucoup de fierté, beaucoup de joie que vous ne verrez peut-être pas car cette journée est fatigante, s’est-il simplement contenté de témoigner. Mais la joie est à l’intérieur et ce soir je ne vais pas réussir à dormir. »

La France si. Mais c'est parce qu'elle a beaucoup crié pendant tes combats, Teddy.