JO 2016: Que risque-t-on dans les eaux de Rio? «Vous ne vous viderez pas d'une dysenterie», assure le médecin des voileux

INTERVIEW La baie de Guanabara, qui accueille les épreuves de voile pour les Jeux olympiques, est polluée par les égoûts de la ville. Olivier Castagna se veut rassurant...

Propos recueillis par Romain Baheux

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Une vue sur la baie de Guanabara où se disputeront les compétitions de voile des JO de Rio.
Une vue sur la baie de Guanabara où se disputeront les compétitions de voile des JO de Rio. — Marcelo Sayao /SIPA

De notre envoyé spécial à Rio,

C’est le plan d’eau le plus scruté de la planète. Choisie pour accueillir les compétitions de voile des JO de Rio, la baie de Guanabara est en permanence polluée par les égouts de la ville et regorge de trouvailles plus ou moins immondes. Mais les courageux qui y aventureront leur embarcation risquent-ils quelque chose ? Médecin de l’équipe de France de voile, qui a régulièrement fréquenté la baie ces deux dernières années, Olivier Castagna se refuse à tenir un discours alarmiste.

Comment la délégation française a-t-elle géré cette pollution ?

Au début, on était franchement inquiet. Les autorités brésiliennes ont joué le jeu en montrant les résultats bactériologiques des eaux de la baie et ils ne sont pas bons. Ça ne sert à rien de s’inquiéter, il fallait mettre en place un protocole pour lutter contre ça. Les régates durent plusieurs heures, les sportifs sont amenés à s’alimenter, à s’hydrater, donc à porter leurs mains à la bouche.

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Que risquent les sportifs ?

Le problème vient des eaux usées, qui ne sont que partiellement traitées lorsqu’elles arrivent en mer. Vous vous retrouvez avec des bactéries dans l’eau. Et si vous en avalez, vous risquez d’avoir une gastro-entérite. Ce n’est pas agréable, mais il ne faut pas croire que vous vous viderez d’une dysenterie dans les dix minutes qui suivent si vous buvez la tasse. Le niveau bactériologique n’est pas assez élevé.

Que peut-on faire ?

Les entraîneurs sont équipés de lingettes désinfectantes et de gel désinfectant. Ils doivent prendre le soin de se laver les mains, dès qu’ils sortent de l’eau, ils doivent bien se doucher et rincer le matériel. Grâce à ça, nous n’avons eu aucun souci jusqu’à présent.

Mais si l’athlète se coupe, n’y a-t-il pas un risque important ?

On n’a pas eu d’infection cutanée. On pourrait se dire que dans une eau un peu sale, on pourrait se retrouver avec une gangrène sur une petite plaie, mais il n’en est rien. Dans les faits, on risque assez peu de chose. Les infections cutanées surviennent en présence de bactéries de type staphylocoque, mais elles n’aiment pas l’eau salée. On est plutôt tranquille de ce côté-là.

Vous ne serez donc pas particulièrement inquiet pendant les régates…

On est sur de la mesure d’hygiène classique dans un pays étranger où il convient de faire attention. Il faut être vigilant, mais ça ne veut pas dire sombrer dans la psychose.