VIDEO. JO 2016: Gaule du rameur, moue dubitative, plat du siècle... Que sont devenus les buzz de Londres 2012?

JEUX OLYMPIQUES Internet a beaucoup parlé d'eux il y a quatre ans. Mais ils en sont où, maintenant?...

B.V.

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Mais que sont devenus les buzz des JO 2012?
Mais que sont devenus les buzz des JO 2012? — Capture d'écran

De notre envoyé spécial à Rio,

Le Comité International de la Hype sur les Réseaux Sociaux est formel, l’utilisation du terme buzz est strictement prohibée depuis le 1er janvier 2014. Dura lex sed lex, cogito ergo sum fluctuat nec mergitur carthago delenda est, il n’empêche que le terme était à l’époque des derniers Jeux olympiques d’été celui qu’on utilisait systématiquement pour désigner un épiphénomène viral qui fait causer/rigoler/rager le monde entier de l’Internet. De la nageuse chinoise suspectée de dopage à l’énorme chibre d’un rameur américain en passant par un plat monumental au plongeon, ils ont été la sève de Londres 2012. Quelques jours avant que la relève n’arrive à Rio, 20 Minutes revient sur ceux qui ont marqué les derniers Jeux. Et se demande ce qu’ils sont devenus.

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McKayla Maroney is still not impressed

Pourquoi on a parlé d’elle ?

McKayla Maroney is not impressed. LE meme des JO 2012. Battue de peu pour l’or en saut de cheval, l’Américaine de 16 ans monte sur le podium officiel et claque la pose de l’année : moue dubitative et bras croisés, l’air de dire « rien à foutre de votre médaille je voulais l’or ».

Moi quand y a plus de gazpacho
Moi quand y a plus de gazpacho - AP21275041_000019

La photo retourne instantanément Internet : McKayla is not impressed devient le tumblr des JO, le rictus de la gymnaste y est détourné et photoshoppé dans à peu près toutes les scènes de l’histoire de l’humanité. Elle-même se prend au jeu et finit par taper la moue avec Barack Obama himself à la Maison Blanche. Respect.

Qu’est-ce qu’elle devient ?

Des rôles dans des séries télés, une place de juge pour l’élection de Miss America et un gros contrat avec Adidas, Maroney a connu son heure de gloire dans les six mois après Londres. Et puis la suite est plus classique : une tentative de retour à la gym un peu pourri, des blessures et la fin de sa carrière, cette année à 20 ans. Du coup maintenant, comme tout le monde, elle raconte sa vie via Instagram. Sauf qu’elle,elle a un million d’abonnés.

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On la verra à Rio ?

A moins qu’il s’y tienne une convention sur les "Green Smoothies", il y a peu de chances.

spend all my money on green smoothies

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Le plat du siècle de Stephan Feck

Pourquoi on a parlé de lui ?

Parce qu’il a sans doute réalisé le pire plongeon de l’histoire des Jeux olympiques, et plus globalement, de celle de l’eau en général.

Autant vous dire que la note des juges a été royale.

Alors on ne garde que les 3 meilleurs notes, ça nous donne quoi?
Alors on ne garde que les 3 meilleurs notes, ça nous donne quoi? - Capture d'écran

Qu’est ce qu’il devient ?

Comme vous après ce saut un peu moisi au blob-jump, il a eu le dos un peu rouge pendant quelques semaines. Puis il a repris cette histoire de plongeon. Pourquoi pas après tout.

Sera-t-il à Rio ?
Absolument. Quintuple vice-champion d’Europe de saut synchronisé à trois mètres,il s’est qualifié avec son acolyte Patrick Hausding pour les Jeux de Rio. S’il a du panache, il nous claque le plat plein ventre ce coup-ci.

Ye Shiwen : la Chinoise qu’on croyait qu’elle était dopée mais en fait non (enfin on ne sait pas trop)

Pourquoi on a parlé d’elle ?

Parce que la jeune nageuse chinoise de 16 ans a massacré tout le monde sur 400 mètres 4 nage. Y compris Ryan Lochte. Oui, sur le dernier 100 mètres, la championne olympique a réalisé un meilleur temps que son homologue masculin. Tout ça en pulvérisant le record du monde et de près de 7 secondes (!) son propre temps des mondiaux précédents.

Ye Shiwen à Londres en 2012
Ye Shiwen à Londres en 2012 - Matt Slocum/AP/SIPA

Autant dire qu’il n’a pas fallu longtemps pour que les accusations de dopage tombent, surtout vu le passif à ce niveau-là des nageurs chinois. « Chaque fois qu’il y a eu une sorte de “superwoman” dans l’histoire de notre sport, elle a plus tard été convaincue de dopage », balance dans la foulée John Leonard, directeur de l’association internationale des entraîneurs de natation.La polémique est lancée : la course de la Chinoise est disséquée, sa croissance morphologique étudiée, des nageurs la défendent, Weibo (le Twitter chinois) s’enflamme et dénonce un acharnement occidental, Cuba arme ses missiles et Boris Elstine s’en jette un petit dernier.

Ah, et pour info : elle n’a jamais été contrôlée positive à quoi que ce soit.

Que devient-elle ?
Ye Shiwen nage encore, mais plus aussi vite. Sa chute depuis Londres est même terrible : dès 2013, elle termine le 400 mètres 4 nages des Mondiaux à la 4e place, plus de 10 secondes derrière son temps des JO. Cette saison, lors des qualif' chinoises pour Rio, elle est tombée à 22 secondes de ce temps.

On appelle ça être prêt le jour J
On appelle ça être prêt le jour J - Capture d'écran

On la verra à Rio ?
Ouaip, mais plus pour faire de la figuration qu’autre chose. D’ailleurs, la Chinoise a annoncé qu’elle prendrait probablement sa retraite après les Jeux. Normalement sans nouvelle médaille, vu sa forme actuelle. A moins d’un nouveau miracle…

L’énorme tromblon d’Henrik Rummel

Pourquoi on a parlé de lui ?

Parce que le lycra, ça moule. Certains membres de la rédaction sports de 20 Minutes en ont récemment fait l’expérience lors d’une fête déguisée, avec un poil moins de réussite que le rameur américain. Sur le podium pour reçevoir sa médaille de bronze, Henrik Rummel a été pris en flagrant délit d’érection peu opportune, immédiatement décrite par les médias américains comme le « Rower Boner » (la gaule du rameur).

Enfin, croyait-on. « Je jure que c’était mon sexe au repos. Je ne sais pas pourquoi il a terminé dans cette position mais c’est comme ça », s’est-il lui-même défendu sur Reddit. Peu importe. « Rummelator » et son bazar sont évidemment devenus les stars du pays. Il se raconte d’ailleurs qu’encore aujourd’hui, dans la touffeur des nuits moites de la Louisiane, on peut entendre le bayou murmurer « Rower Boner »…

Que devient-il ?

Non, on ne fera pas de blague sur une possible reconversion dans l’industrie d’un type de film bien particulier. Henrik continue de ramer en lycra.

On le verra à Rio ?

Si vous le regardez bien dans les yeux, oui.

La détresse de Shin Lam

Pourquoi on a parlé d’elle ?

C’est sans doute le moment le plus émouvant de ces JO. Prostrée après avoir été éliminée en demi-finale à cause d’un bug de chronométrage, l’escrimeuse Shin Lam a refusé de quitter la piste pendant près d’une heure. A deux doigts de se noyer dans ses propres larmes, la Sud-Coréenne a touché les spectateurs à la façon du "I did not move" de John Drummond.

Shin Lam désespérée à Londres en 2012
Shin Lam désespérée à Londres en 2012 - Andrew Medichini/AP/SIPA

Le monde entier a pleuré avec la Sud-Coréenne. Et il y a même une chanson qui a immortalisé tout ça.

Que devient-elle ?

Ma foi, elle tâte toujours de l’épée, mais elle a toujours l’histoire en travers de la gorge. Et puis elle a surtout l’air au bord de la dépression. « Même si ça ne m’était jamais arrivé, je serai quand même passé par beaucoup d’adversité durant les quatre années qui ont suivi, explique la huitième mondiale. La vie d’un athlète d’un haut niveau, c’est les montagnes russes. Donc je ne suis pas sûr que l’incident ait rendu les choses plus difficiles qu’elles ne le sont déjà. » En tout cas elle a l’air d’aimer ce qu’elle fait, ça fait plaisir.

Sera-t-elle à Rio ?
Oui. Et « si je me montre un peu ambitieuse, je peux viser l’or », prévient-elle. On verra si les chronos sont d’accord.

Bonus track :

Le clown de Londres

Pourquoi on a parlé de lui ?

On n’a pas vraiment choisi. Disons qu’il fait toujours tout pour qu’on parle de lui, sans forcément toujours le vouloir. Bref, messieurs dames, voici Boris Johnson, maire de Londres en 2012 et coincé sur une tyrolienne.

Qu’est ce qu’il devient ?

Un bon petit poste de fonctionnaire bien sympa.

Est-ce qu’on va le voir à Rio ?

Seulement si on risque la Troisième Guerre mondiale à cause d’une erreur d’arbitrage.