«IceMan» Raïkkonen, fêtard au sang-froid et désormais champion du monde

PORTRAIT Atypique dans le petit monde de la F1, le Finlandais est un épicurien qui n'élève jamais la voix... Et qui gagne enfin à la fin...

S.A, avec AFP

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Kimi Räikkönen (McLaren-Mercedes) a soufflé la pole position du Grand Prix d'Italie de Formule 1 à Michael Schumacher (Ferrari) en devançant l'idole des tifosi de deux minuscules millièmes de seconde, samedi en qualifications à Monza.
Kimi Räikkönen (McLaren-Mercedes) a soufflé la pole position du Grand Prix d'Italie de Formule 1 à Michael Schumacher (Ferrari) en devançant l'idole des tifosi de deux minuscules millièmes de seconde, samedi en qualifications à Monza. — Patick Hertzog AFP

Le titre mondial de Kimi Raïkkonen, au terme d'une course folle et d'une saison mouvementée, n'est pas à proprement parler une bonne nouvelle pour la lutte contre la sécurité routière. Le meilleur pilote de la saison 2007 est en effet un fêtard qui s'assume et qui ne rechigne pas à faire la fête et à forcer sur la boutanche.

«Cela ne regarde personne»

Mais le Finlandais d'Espoo, qui vient de fêter le 17 octobre ses 28 ans, revendique en parallèle une tranquillité en course assez fascinante. Lorsqu'il fait la fête, qu'il s'ennivre sans compter, il l'assume mais en soulignant que «cela ne regarde personne» tant que dans son activité publique de pilote, il est irréprochable.



S'il ne cherche pas vraiment à se cacher lors de ses frasques nocturnes -mal vécues par son épouse Jenni-, il le fait en revanche lorsque, pour s'amuser, il participe à différentes activités sportives ouvertes au grand public. Ainsi, sur la liste des engagés d'une course de motoneige une semaine avant le premier Grand Prix de la saison, figurait un certain James Hunt. En fait, c'est bien Kimi Räikkönen qui avait choisi de ressusciter le champion du monde britannique de F1 ! Ou lorsque pour une course de hors bords, il s'était déguisé, avec tout son équipage en... gorille. Autre grand moment de Kimi, cette réponse tout en simplicité quand on lui demande pourquoi il a raté une présentation de course...




Débuts poulidoriens

Passé directement de la Formule Renault à la F1 chez Sauber en 2001, il a été recruté dès 2002 par McLaren-Mercedes avec qui il a remporté sa première victoire en 2003. Cette même année il a perdu le titre dans la dernière course face à Michael Schumacher, avant de le reperdre face à Alonso en 2005, handicapé par de récurrents problèmes de fiabilité. Jamais il ne s'est plaint.



L'image restera de ce pilote à Monaco ayant abandonné sur une énième défaillance mécanique sa McLaren-Mercedes avant le tunnel pour longer le circuit à pieds, sans ôter son casque, et s'engouffrer directement sur un yacht mouillé dans le port. Quelques minutes plus tard il était torse nu en train de se désaltérer, entouré d'amis sur le pont du bateau, comme si de rien n'était alors que les monoplaces continuaient de rugir à quelques mètres de là.


En 2006, il a vécu une saison dans l'ombre au volant d'une voiture complètement dépassée par la concurrence. Là encore, pas une critique. Mais un transfert en fin de saison pour remplacer le septuple champion du monde Schumacher chez Ferrari. Cette saison, malgré des difficultés d'adaptation à la voiture, Räikkönen s'est imposé dès la première course en Australie après avoir signé la pole.

«Euh... il faut que je gagne, c'est tout»

De quoi le mettre en confiance pour la suite qui fut plus difficile: persuadé du potentiel de son matériel, le Finlandais savait que la clé de la réussite était entre les mains de ses ingénieurs.
Face à ses rivaux Lewis Hamilton, débutant lancé depuis le début de la saison dans une opération de séduction, et Fernando Alonso, double champion du monde au sang chaud qui ne mâche pas ses mots, Räikkönen, lui, n'a jamais dit un mot plus haut que l'autre, dans la défaite comme dans la victoire.

Hamilton et Alonso connaissaient exactement toutes les combinaisons qui leur permettaient d'être titrés au Brésil. Et lui ? «Euh... il faut que je gagne, c'est tout», répondait-il à la veille des premiers essais libres. Et il l'a fait, tranquille. Avant d'aller le fêter. Sûrement.

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