JO 2016: La fédération Russe bannie de la compétition... mais pas ses athlètes

ATHLETISME « Tout athlète ayant contribué de façon importante au combat contre le dopage devrait avoir le droit de demander l’autorisation » a précisé l’IAAF…

A.Mag. avec AFP

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Yelena Isinbayeva lors d'une conférence de presse à Moscou à propos de la suspension de toutes les compétitions de la Russie à cause des affaires de dopage, le 16 novembre 2015.
Yelena Isinbayeva lors d'une conférence de presse à Moscou à propos de la suspension de toutes les compétitions de la Russie à cause des affaires de dopage, le 16 novembre 2015. — Pavel Golovkin/AP/SIPA

L’athlétisme russe ne verra pas Rio, mais ses athlètes propres peut-être : la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a confirmé vendredi la suspension de la Fédération russe tout en laissant la porte ouverte à ceux qui prouveront leur bonne foi, à six semaines des JO (5 au 21 août). Certains athlètes pourront donc aller aux JO de Rio. L’IAAF a précisé que « tout athlète ayant contribué de façon importante au combat contre le dopage devrait avoir le droit de demander l’autorisation » de participer aux JO. Laissant la porte ouverte à Yulia Stepanova, la coureuse de 800 m, première à avoir révélé le dopage systématique des athlètes russes.

La Russie a triché, continue sans doute un peu de le faire malgré « des progrès et des efforts », selon l’IAAF : c’est pourquoi le Conseil a voté vendredi à Vienne la prolongation de la suspension de la Fédération russe d’athlétisme (ARAF), prononcée en novembre.

« La décision a été prise à l’unanimité du Conseil », a souligné le Britannique Sebastian Coe, président de l’IAAF, comme pour enfoncer le clou.Concrètement, «il sera possible à des athlètes qui ne sont pas impliqués dans le système russe, mais qui font partie d'un programme extérieur à la Russie et efficace contre le dopage de faire une demande spéciale. L'IAAF étudiera ces cas et fera ses recommandations. La Fédération russe reste suspendue mais un changement de règlement au sein de l'IAAF permettra à ces athlètes de redevenir potentiellement éligibles aux compétitions internationales», a développé M. Coe.

« C’est une violation des droits de l’Homme »

L’athlétisme russe est donc suspendu… mais Yelena Isinbayeva, visage de l’athlétisme russe, peut tout de même envisager de voir Rio. La Tsarine de la perche, comme les 4027 athlètes russes officiellement recensés peuvent souffler, à condition de montrer patte blanche.

La double championne olympique (2004-2008) avait pourtant réagi la première, en colère, face au maintien de suspension de sa Fédération (ARAF).

« C’est une violation des droits de l’Homme. Je ne peux pas me taire, je vais prendre des mesures. Je vais m’adresser à une cour des droits de l’Homme », avait-elle lancé très rapidement, sans préciser auprès de quel tribunal elle souhaite porter l’affaire.

La fédération accusée d’avoir organisé et couvert le dopage

La fédération Russe est accusée d’avoir organisé et couvert le dopage de « son » athlétisme, en rackettant ses propres athlètes et allant jusqu’à corrompre l’ancien président de l’IAAF,Lamine Diack (1999-2015), mis en examen pour blanchiment aggravé et corruption.

Pour Moscou, la réponse était simple : la Russie a fait des efforts ; il fallait alors lever la sanction. Lors d’un discours cet après-midi Vladimir Poutine avait abattu ces dernières cartes en déclarant qu'« il n’y a pas et il ne peut y avoir aucun soutien de l’Etat, spécialement en ce qui concerne le dopage », et d’ajouter qu' « il ne peut pas y avoir de responsabilité collective pour tous les sportifs. Une équipe entière ne peut pas porter toute la responsabilité pour une seule personne ayant commis une violation » des règles antidopage.