Euro 2016: Après les violences à Marseille, quels sont les prochains matchs à risque ?

HOOLIGANISME D’autres incidents sont à craindre dans et autour des stades français…

V.B.
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Des heurts ont éclaté entre Russes et Anglais, le 11 juin 2016 au Vélodrome à Marseille.
Des heurts ont éclaté entre Russes et Anglais, le 11 juin 2016 au Vélodrome à Marseille. — Robin Jones/SilverHub/SIPA

Du sud au nord, le conflit pourrait s’exporter. Les hooligans russes et anglais, dont les affrontements à Marseille ont tourné en boucle sur les télés et les réseaux sociaux, auront l’occasion de se recroiser mercredi et jeudi dans le Nord. Les premiers seront à Lille, les seconds à Lens, deux villes distantes d’à peine 40 km. Rien n’exclut qu’une revanche, comme le craint le préfet Michel Lalande, ait lieu. Mais d’autres matchs, classés à risque ailleurs en France, entourés donc d'une sérieuse menace de troubles à l'ordre public, pourraient donner lieu à de nouvelles scènes de guérilla urbaine.

  • Russie-Slovaquie mercredi à Lille et Angleterre-Pays de Galles jeudi à Lens

Le dispositif mis en place par les pouvoirs publics sera « extrêmement dur », annonce le préfet du Nord Michel Lalande. « Ces deux matchs sont les deux faces d’une même monnaie, rappelle-t-il. Ce sont des publics qui ont sans doute des comptes à régler dans tous les camps. Que ce soit les Russes avec les Anglais, mais aussi les Anglais avec les Gallois. » Déjà malmenés par les Russes à Marseille, les hooligans anglais, dans le collimateur, auraient tout à perdre à vouloir se venger.

  • Allemagne-Pologne jeudi 16 juin à Saint-Denis

Les heurts entre Russes et Polonais, sur fond de rivalité entre les hooligans de l’Est et ceux de l’Ouest, pourraient hélas en appeler d’autres autour de ce match. Afin de montrer que, désormais, les durs sont à compter dans leurs rangs, les Polonais, parmi lesquels plusieurs éléments d'extrême droite, pourraient aussi avoir envie de se mesurer aux Allemands, historiquement réputés comme très bien organisés. Pour rappel, une frange de ces derniers avait grièvement blessé le gendarme Daniel Nivel à Lens en 1998 lors de la Coupe du monde. Depuis lors, le hooliganisme allemand avait décliné, avant de connaître un regain ces derniers mois autour du mouvement islamophobe Pegida. Dimanche, dix-huit « hools » en provenance de Dresde ont été recalés à la frontière.

Slovaquie-Angleterre lundi 20 juin à Saint-Etienne

    Pour leur première participation à l’Euro, les hooligans slovaques, qui comptent pas mal d’identitaires, veulent se montrer. Ils ont déjà provoqué sur les réseaux sociaux leurs homologues anglais. Les Yellow Green Hearts, un groupe d’ultras de Žilina, attendus en nombre à Sainté, ont prévenu sur Facebook : « L’Euro n’est qu’une excuse, tout le monde chasse l’Anglais. » Pour rappel, ces derniers s’étaient affrontés lors des éliminatoires de l’Euro 2004 à Bratislava. Bilan : deux morts côté anglais. L’alcool sera d’ailleurs interdit dans le centre-ville durant 24 heures en marge de ce match.

    • Ukraine-Pologne mardi 21 juin à Marseille

    C’est le dernier match des phases de poules qui est classé « niveau 3 » sur une échelle de risques de 4 lors de l’Euro. Ukrainiens comme Polonais, à leur tour, devraient s’installer dans les bars du centre-ville, afficher leurs drapeaux, voire leur nationalisme. Une occupation de l’espace public, dans une ville connue pour sa propension aux débordements, qui pourrait dégénérer, un soir de fête de la musique.

    Rien n’exclut non plus que des incidents éclatent entre Ukrainiens et Polonais. « Le gros foyer du hooliganisme est en Europe de l’Est », rappelait ce week-end Ludovic Lestrelin, maître de conférences à l’université de Caen Normandie et spécialiste des mouvements de supporters. Pour rappel, les affrontements entre Russes et Polonais restent comme un événement marquant de l’Euro 2012.