VIDEO. On voulait attaquer Romain Bardet sur ses terres... et ça s’est fini hors-délai

CYCLISME «20 Minutes» a couru avec le leader d'AG2R lors d'une reconnaissance de la fin de la 5e étape du prochain Tour de France...

Nicolas Camus

— 

Romain Bardet et Marion Rousse sur la reconnaissance de la 6e étape du Tour de France 2016, en Auvergne, le 10 mai 2016.
Romain Bardet et Marion Rousse sur la reconnaissance de la 6e étape du Tour de France 2016, en Auvergne, le 10 mai 2016. — Antargaz

Sur le papier, l’idée était tentante. Aller défier Romain Bardet sur ses terres auvergnates, dans le final escarpé de la 5e étape  du prochain Tour de France. Le peloton empruntera les routes qui relient Limoges au Lioran le 6 juillet. Nous, c’était le 10 mai lors d’une reconnaissance organisée par Antargaz, qui sponsorise le Prix de la combativité, remporté par le jeune coureur français l’année dernière. Marion Rousse, ambassadrice du Prix, était là également avec son vélo. 

Et encore, on a évité le noir.
Et encore, on a évité le noir. - ASO

C'était donc l’occasion rêvée de prendre à la pédale le fameux « régional de l’étape » sur une vingtaine de kilomètres, de la descente du col du Pertus (classé 2e catégorie) au Lioran, via le col de Fond de Cère (3e catégorie)…  Voire de tenter une petite attaque, dressé sur les pédales, tout en déhanché et en explosivité du mollet. Mais le plan a connu quelques accrocs. Quelques faits peuvent l’expliquer.

  • On était à froid.
  • On savait que cette tarte aux myrtilles à midi était de trop mais on l’a quand même mangée.
  • On était en VTT…
  • … alors qu’on aurait pu prendre un vélo électrique mais on n’est pas comme ça…
  • … Et lui avait son super vélo de course.
  • Notre nombre de kilomètres annuels correspond à son échauffement matinal un 1er janvier.
  • On n’est pas gros mais on fait quand même 10 kilos de plus que lui.
  • En fait, un 3e catégorie, c’est pas si facile. Ça monte un peu.
  • Il connaît les routes par cœur, ça aide dans l’avant-dernière épingle de la descente du Pertus.
  • Et puis bon il est coureur professionnel quoi.
Avec des vélos comme ça aussi ça aurait été plus simple.
Avec des vélos comme ça aussi ça aurait été plus simple. - N.CAMUS

En fait, l’opération « attaque de Romain Bardet dans la dernière bosse » a pris du plomb dans l’aile dès le départ. Le temps d’enfiler le coupe-vent et de sortir de quoi faire une vidéo, le bougre était déjà parti devant. Et même en descente le retard ne se rattrape pas comme ça.

Au pied, le long faux-plat montant qui marque le début de l’ascension vers le Lioran fait mal aux pattes. De (vains…) efforts pour revenir dans la descente + un léger surrégime pour faire semblant qu’on est sportif = on est dans le rouge. Déjà.

Après un virage à gauche, on entre vraiment dans le dur. Bardet attend là. Il a eu le temps de répondre à quatre interviews avant qu’on arrive à sa hauteur, n’a pas une goutte de sueur sur le visage mais on ne désarme pas. C’est maintenant que ça joue. Il faut tenir dans la première rampe et espérer un moment d’inattention (un miracle) pour passer en tête en haut du col de Font de Cère, qui marque le vrai sommet avant de finir l’étape en descente. Mais le leader d’AGR2R est chez lui, il tient à briller devant les siens et réattaque de plus belle. Marion Rousse prend sa roue, nous pas trop.

Le moral est attaqué, et les collègues en VTT électrique qui nous passent à côté, tels Nicolas Geay sur la moto 2, n’y sont pas pour rien. Dans ces cas-là, il n’y a plus qu’à réunir les troupes et former un gruppetto. Mais c’est plus sympa quand il y a des troupes.

Les délais ne sont plus qu’une illusion. Le bus-balai passe, annonce « un peloton à 20 minutes ». Il est temps de profiter du paysage, tout en se disant que ce jeu de mots, quand même, était bien pourri.

Arrivé en haut, le bus de l’équipe et les masseurs sont là. Ou pas. On range les vélos. On aura notre revanche sur Romain Bardet en interview. Ou au ping-pong.